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Apollo 11 : une journée tranquille

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A plusieurs milliers de kilomètres à l'heure, le train spatial de la mission Apollo 11 file vers la Lune, en vol - presque - balistique. Il n'y a pas grand-chose à faire si ce n'est parler un peu avec les Terriens..

Le sigle (patch en anglais) de la mission Apollo 11. L'aigle (symbole des Etats-Unis et nom de baptême du LM, Eagle) apporte sur la Lune un rameau d'olivier, en signe de paix. © Nasa

La route a été calculée. Les moteurs sont éteints. Le vaisseau Apollo 11, constitué du module de service, du module de commande (la capsule de rentrée, conique) et du LM (Lunar Module), est inscrit sur une trajectoire balistique qui doit l'amener en orbite lunaire.

Au début de « l'injection » sur cette route, comme disent les navigateurs spatiaux, la vitesse était d'environ 11 kilomètres par seconde (40.000 km/h), la vitesse dite de libération de la pesanteur terrestre. Celle-ci, toutefois, fait toujours son œuvre et ralentit Apollo 11. Une petite trentaine d'heures après l'injection sur la trajectoire lunaire, le vaisseau et ses trois occupants ne voyagent plus qu'à 5.500 km/h.

La réserve de vitesse est cependant suffisante pour que, à mesure que le vaisseau s'éloigne de la Terre, la force d'attraction de notre planète, qui se réduit constamment (comme augmente le carré de la distance), ne parvienne jamais à la faire descendre à zéro. C'est cela la vitesse de libération.

Premier direct

Sur le plan théorique, la situation est claire. Elle l'est moins sur le plan pratique. Il faut vérifier que la route suivie est bien la bonne, faute de quoi Apollo 11 pourrait rater la Lune ou s'écraser dessus. C'est ce qui occupe aujourd'hui Michael Collins.

Comme tout bon navigateur, il s'aide des étoiles pour déterminer la route suivie puis la compare à la route à suivre. La différence est faible mais non nulle. Collins doit alors actionner pendant trois secondes des petites fusées pour corriger la trajectoire.

Pour les centaines de millions de Terriens à l'écoute, l'équipage réalise la première émission en direct de la mission. A travers un hublot de la capsule Apollo, Michael Collins filme la Terre. Le train spatial, en effet, navigue en quelque sorte à l'envers. Le moteur du module de service est tourné vers la Lune, dans le sens de la marche. La capsule conique, sur laquelle est accroché le LM, pointe, elle, vers notre planète.

Tout va bien à bord...