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En 2013, Américains et Chinois ont rendez-vous avec la Lune

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Même si l'envoi de nouveaux astronautes sur la Lune semble avoir été reporté, notre satellite garde tout son attrait. Cette année, les agences spatiales chinoise et américaine prévoient en effet d'y lancer chacune une mission.

Malgré sa proximité, la Lune nous semble toujours aussi lointaine. Aucune agence spatiale ne planifie à ce jour le retour d'Hommes à sa surface. Seuls quelques pays ont un programme robotique d'exploration lunaire et deux d'entre eux, les États-Unis et la Chine, lanceront une mission en 2013. © Nasa, GSFC, Arizona State University

La proximité de la Lune par rapport à notre Planète la rend incontournable dans les étapes de l'exploration humaine du Système solaire. Malgré l'absence de plans concrets relatifs à de prochains envois d'Hommes sur la Lune (Chinois et Américains les envisagent aux alentours de 2020), elle reste une destination scientifique de choix et un tremplin pour l'exploration du Système solaire.

L'idée d'y installer une base permanente a été abandonnée par le gouvernement de Barack Obama mais la Lune reste un banc de test naturel idéal pour essayer de nouvelles technologies liées à l'exploration.

Décembre 1972 : Harrison Schmitt (à l'image) et Eugene Cernan sont les deux derniers astronautes de l'épopée Apollo à quitter la Lune. © Nasa

Pour les chercheurs, la Lune joue un rôle crucial : c'est le seul objet connu du Système solaire qui possède une croûte primaire ayant échappé à toute modification importante depuis sa formation. Ainsi, la Lune regroupe encore toutes les conditions que l'on retrouve initialement lors de la naissance des planètes et de leurs satellites. Elle est également le point de référence dans la datation des surfaces basée sur la densité de cratères, grâce à sa propre formation de cratères, vieille de 4 milliards d'années.

La Lune conserverait d'ailleurs, dans le régolithe, des particules de vent solaire datant de cette époque, ainsi que de nombreuses météorites venues de la Terre, dont certaines seraient plus vieilles que les roches terrestres. Enfin, la petite inclinaison de son axe par rapport à l'écliptique plonge certains de ses cratères, situés aux pôles, dans l'ombre permanente du Soleil : une particularité la rendant un peu plus intéressante à étudier.

Ladee, la nouvelle sonde américaine

Malgré l'abandon du programme Constellation, lancé en 2009 par G.W. Bush et qui prévoyait d'envoyer à nouveau des Hommes sur la surface lunaire, les États-Unis ne délaissent pas la Lune pour autant : la Nasa continue de financer un important programme robotique. Après les lancements en juin 2009 de LRO (Lunar Reconnaissance Orbiter) et LCross (Lunar Crater Observation and Sensing Satellite), puis des deux satellites de la mission Grail (Gravity Recovery and Interior Laboratory), en septembre 2010, la Nasa va lancer en août 2013 Ladee (Lunar Atmosphere and Dust Environment Explorer), pour une mission de courte durée de 160 jours.

La sonde Ladee en cours de construction (octobre 2012), au Centre de recherche Ames, de la Nasa. © Nasa

Cette petite sonde de 130 kg, qui restera en orbite autour de la Lune à seulement 50 km d'altitude, analysera la - très modeste - atmosphère et la poussière lunaire de façon à déterminer la densité globale, la composition et les variations de l'atmosphère au fil du temps. Elle aura également pour objectif de déterminer la densité et la taille des particules de poussière dans l'atmosphère pour la conception d'installations lunaires habitées et de robots d'exploration.

Le satellite embarquera une charge utile de démonstration technologique ainsi que trois instruments : un spectromètre fonctionnant dans le visible et l'ultraviolet, un spectromètre de masse et un instrument capable de collecter et analyser des particules de poussière présentes dans l'atmosphère lunaire. Quant à la mission de démonstration, elle consistera à tester l'utilisation de lasers à la place d'ondes radio, pour atteindre un haut débit et communiquer avec la Terre.

Chang'e 3, la mission chinoise

De son côté, la Chine poursuit son programme lunaire, débuté en 2007 avec Chang’e 1, premier satellite chinois d'observation lunaire. Chang'e 5, une mission de retour, devrait quant à elle rentrer sur Terre en 2017, avec des échantillons. La Chine poursuit son étude de la Lune et prévoit de lancer sa troisième mission, fin 2013, avec l'alunissage du rover Zhonghua. Le pays deviendrait alors la troisième nation à faire atterrir en douceur un engin sur la surface lunaire.

Maquette du rover Zhonghua de la mission Chang'e 3, présentée à Vienne, en Autriche, lors d'une exposition organisée par le Comité des Nations unies pour l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique. © Mark Wade

Long de 1,5 mètre, ce rover à six roues de 120 kg devra parcourir près de 10 km pendant les trois mois que pourrait durer sa mission. Il sera capable de creuser et d'analyser des échantillons du sol et embarquera deux spectromètres et un radar, pour mesurer la structure du sol lunaire jusqu'à une profondeur de 30 m (98 ft).

Quant à l'atterrisseur d'1,2 tonne qui déposera le rover, il sera équipé de sept instruments scientifiques dont un petit télescope qui fonctionnera dans l'ultraviolet. Il s'agira alors du premier télescope spatial installé sur la Lune pour faire des observations astronomiques.