Santé

Les comprimés d'iode contre la radioactivité

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Les comprimés d'iode sont fournis gratuitement par les pharmaciens aux populations à risques. © Phovoir

L'iodure de potassium est le plus connu des antidotes en cas d'accident nucléaire. Il se présente sous forme de comprimés qui, une fois absorbés, génèrent de l'iode stable. « L'ingestion [de ces comprimés] permet de saturer la thyroïde en iode. Cela empêche l'iode radioactif de s'y fixer » explique François Chast, chef du service de Pharmacologie - toxicologie de l'Hôtel-Dieu, à Paris. En cas d'exposition de la population à des éléments radioactifs, « il est préconisé d'administrer aux adultes un comprimé de 100 milligrammes d'iode. Pour un nouveau-né, un huitième de comprimé, et pour les enfants de moins de 40 kilogrammes, un demi-comprimé ». En cas d'exposition prolongée, il est possible de renouveler l'administration.

Ils sont fournis à la population proche des centrales nucléaires

Les personnes demeurant à moins de 10 kilomètres d'une centrale nucléaire doivent en principe, disposer de ces comprimés dans leur pharmacie familiale. « Ils sont fournis gratuitement par les pharmaciens, eux-mêmes approvisionnés par la Pharmacie centrale des armées », précise-t-il. Et en cas de nécessité, s'ils étaient dépourvus de comprimés, « les officinaux seraient en mesure de fabriquer des litres de solution buvable d'iode ».

Des risques pour la thyroïde

Dans tous les cas, ces comprimés ne doivent être administrés que sur instruction des autorités sanitaires. En effet, leur absorption hors exposition importante à des agents radioactifs n'est pas dénuée de risques. « L'iode agit sur la régulation de la thyroïde. Modifier son équilibre peut entraîner des effets indésirables, comme une hyperthyroïdie ou, à terme, une hypothyroïdie », précise en effet François Chast. Ces deux troubles peuvent être à l'origine de perturbations neuropsychologiques et de la croissance.