L’épilation du maillot favorise-t-elle les IST ? © Lagunova Irina, Shutterstock

Santé

Poils pubiens : l'épilation totale associée au risque d'IST

ActualitéClassé sous :Sexualité , Épilation , maillot

L'épilation des poils pubiens est associée à un risque plus élevé de transmission d'infections sexuellement transmissibles (IST), telles que gonorrhées, herpès, chlamydia ou syphilis. Le risque augmente encore plus chez les adeptes des épilations intégrales et très fréquentes.

Les infections sexuellement transmissibles ou IST sont en hausse en France, comme le montrait le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'agence Santé publique France publié début décembre, d'où l'importance de comprendre les raisons de cette recrudescence. Les rapports non protégés favorisent leurs transmissions, mais existe-t-il d'autres facteurs ?

L'épilation des poils pubiens est devenue une pratique courante chez les femmes comme chez les hommes, partout dans le monde. Les canons de la beauté et de la séduction ont évolué au fil du temps et les poils sont devenus indésirables. Pour savoir si celles du pubis influençaient la transmission des IST, des chercheurs de l'université de Californie (San Francisco) ont compilé les résultats d'une étude sur les habitudes de 7.580 adultes américains, dont 56 % d'hommes. Les participants ont répondu à des questions sur la fréquence et l'intensité de leur épilation (totale ou partielle), sur les moyens utilisés pour éliminer les poils pubiens et sur leur vie sexuelle. Parmi eux, 7.470 ont eu au moins un partenaire sexuel.

Les chercheurs ont considéré comme « épilateurs extrêmes » ceux qui faisaient des épilations intégrales des poils pubiens au moins 11 fois par an, et comme épilateurs « très fréquents » ceux qui s'épilaient quotidiennement ou toutes les semaines. Les résultats paraissent dans la revue Sexually Transmitted Infections.

Les trois quarts des participants s'étaient déjà épilé les poils pubiens, plus de femmes (84 %) que d'hommes (66 %). Parmi ces personnes, 17 % étaient des épilateurs extrêmes et 22 % des épilateurs très fréquents. Dans l'ensemble, les personnes qui s'épilaient étaient plus jeunes, plus actives sexuellement, et avaient eu plus de partenaires sexuels dans l'année ou au cours de leur vie. Le nombre de partenaires des épilateurs extrêmes était le plus élevé.

Les hommes utilisent plutôt le rasoir électrique et les femmes le rasoir manuel. © Olga Max, Shutterstock

Risque d’IST élevé avec des épilations fréquentes et totales

Concernant les moyens d'épilation, le rasoir électrique était l'outil préféré des hommes, alors que chez les femmes c'était plutôt le rasoir manuel. Une personne sur cinq utilisait des ciseaux. Les femmes avaient recours plus souvent à la cire que les hommes.

Au total, 13 % des participants (943 personnes) ont déclaré avoir déjà contracté une IST (herpès, HPV, syphilis, molluscum, gonorrhée, chlamydia, HIV) ou des morpions. Dans l'ensemble, le fait de s'épiler était associé à une augmentation de 80 % du risque. L'intensité et la fréquence des épilations jouaient un rôle : chez les épilateurs extrêmes ou très fréquents, leur pratique de l'épilation était associée à un risque multiplié par un facteur 3,5 à 4, en particulier pour des infections qui se font par contact de la peau (herpès, HPV).

Pour les morpions, globalement, le fait de s'épiler était associé à un risque plus élevé mais l'épilation extrême et très fréquente n'était pas associée au risque. En effet, l'épilation réduit la quantité et la longueur des poils pubiens et donc diminue le risque de morpions.

Comme il s'agit d'une étude d'observation, il n'est pas possible de conclure sur un lien de cause à effet. Pour expliquer ces résultats, les chercheurs émettent plusieurs hypothèses : l'épilation, considérée comme une étape préparatoire à une relation sexuelle, peut être associée à une activité sexuelle plus élevée et donc à un risque d'IST plus important ; de plus, l'épilation peut causer de petites plaies sur la peau par lesquelles les bactéries et virus entrent plus facilement (par exemple le virus HPV).

En vidéo : imprimez votre clitoris en 3D  Une chercheuse indépendante, Odile Fillod, est à l’origine de ce projet qui a pour objectif de mieux enseigner l’anatomie féminine aux jeunes. Une vidéo montre l’impression de ce clitoris en 3D.