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Viande rouge : les bactéries en cause dans les risques associés

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La viande rouge est de plus en plus pointée du doigt et serait nocive pour la santé. Une nouvelle étude montre que les bactéries intestinales auraient aussi une part de responsabilité dans une telle incrimination.

La viande est un aliment riche en protéines, en fer et en vitamines. La viande rouge comprend la viande de bœuf, de cheval et de mouton. Sa consommation excessive n'est pas bonne pour la santé. © Wallyg, Flickr, cc by nc nd 2.0

On le sait depuis quelque temps déjà, manger de la viande rouge en trop grande quantité n'est pas bon pour la santé. C'est même tout le contraire, une consommation exagérée de bœuf, de cheval ou de mouton serait un facteur de risque pour certaines maladies. Plusieurs études médicales montrent en effet qu'un excès de viande rouge augmente le risque de développer des cancers, des diabètes et des maladies cardiovasculaires. Pourquoi un bon steak serait-il si mauvais ? Une équipe de la Cleveland Clinique dans l'Ohio apporte des éléments de réponse. Dans leur étude publiée dans Nature Medicine, les auteurs montrent que la viande rouge n'est pas la seule fautive, et que les bactéries intestinales sont également responsables.

L'année dernière déjà, la même équipe de recherche avait montré que la consommation de cet aliment augmentait le risque de décès par accident cardiovasculaire. Quel élément alimentaire pourrait en être le responsable ? Leurs soupçons se sont portés sur la L-carnitine, un peptide présent en grande quantité dans ce type de viande. Dans l'intestin, la L-carnitine est transformée en oxyde de triméthylamine (ou TMAO). Ce dernier peut altérer le métabolisme du cholestérol, et en particulier entraîner une augmentation du dépôt de cholestérol dans les artères.

Les viandes blanches incluent les volailles, le veau, le porc et le lapin. Leur consommation serait meilleure pour la santé que celle des viandes rouges. © Stevendepolo, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Pour savoir si la L-carnitine a un effet néfaste sur l'organisme, les auteurs en ont donné à 77 volontaires, 26 d'entre eux étant végétariens. Néanmoins, bien qu'ayant reçu la même dose de L-carnitine, les végétariens possédaient bien moins de TMAO que les omnivores. Comment cela se fait-il ? Ce résultat surprenant a conduit l'équipe de recherche à comparer et analyser la flore bactérienne de ces deux groupes aux régimes alimentaires différents.

Les végétariens ont moins de « mauvaises bactéries »

Les résultats concordent : les mangeurs de viande et les végétariens ont deux profils de bactéries intestinales différents. Selon Stanley Hazen, le directeur de l'étude, « un régime alimentaire basé sur l'absorption de viandes rouges encourage probablement la croissance de bactéries capables de convertir la L-carnitine en TMAO ». Les chercheurs ont confirmé ces résultats chez la souris. Ils ont découvert que la probabilité d'attraper des caillots sanguins était deux fois plus importante chez les souris nourries avec de la L-carnitine. Or, si les souris sont préalablement traitées avec des antibiotiques (ce qui réduit considérablement leur flore intestinale), l'ingestion de L-carnitine n'a pas d'influence sur la formation de caillots dans le sang. La L-carnitine et la flore intestinale sont donc toutes les deux coupables des effets néfastes de la viande rouge sur notre organisme.

Ces découvertes devraient inciter les amoureux de viande à mettre le holà sur leur consommation. Les personnes utilisant des compléments alimentaires à base de L-carnitine devraient également se limiter, d'autant qu'aucune preuve scientifique ne démontre ses prétendus bénéfices sur les performances athlétiques.

Devons-nous tous pour autant supprimer totalement la viande rouge de notre alimentation ? Rien n'est moins sûr. C'est une source importante de protéines, de fer et de vitamines B. L'enlever du régime alimentaire pourrait entraîner des carences. Il conviendrait donc de diminuer sa consommation de viande rouge et de compenser en mangeant davantage de volaille et de poisson.