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La fertilité des femmes affecte la linguistique des hommes

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La façon dont les hommes adaptent leur langage à celui des femmes dépend de la fertilité de leurs interlocutrices. En contradiction avec les recherches démontrant qu'on s'aligne verbalement avec son interlocuteur lorsque celui-ci est un proche. Les chercheurs estiment que ce comportement masculin permettrait de mettre en avant leur créativité, une qualité prisée par ces dames.

La communication passe aussi beaucoup par l'imitation. En général, deux personnes proches vont beaucoup copier les gestes, les mimiques de l'interlocuteur, tout en utilisant des mots et des structures de phrases identiques ou très proches. Il semble tout de même qu'il existe quelques exceptions, puisqu'un homme cherchant à séduire une femme en pleine période de fertilité va mettre en avant ses qualités créatives en jouant avec les mots. © Krelle, Flickr, cc by nc nd 2.0

La séduction entre les hommes et les femmes est un phénomène encore complexe. Si l'on attribue à des phéromones des propriétés attractives, en indiquant notamment aux hommes l'état de fertilité des femmes, de nombreux autres paramètres rentrent en ligne de compte.

Parmi eux, la communication aurait son importance. De précédents travaux ont par exemple montré que des personnes proches (amants, amis...) communiquaient en employant des phrases dotées d'une même structure, d'un vocabulaire identique et énoncées à un débit similaire. À l'inverse, ces paramètres varient d'autant plus qu'une relation est distante. Ces divergences ou convergences verbales contribuent à l'alignement linguistique.

Deux chercheurs de l'université de Floride viennent d'apporter une pierre supplémentaire à ce vaste édifice, en montrant de manière assez surprenante que la divergence verbale est plus grande de la part des hommes quand les femmes sont fertiles. Ces résultats sont publiés dans Plos One.

Le pic de créativité des hommes lié au pic de fertilité des femmes

Le protocole expérimental était le suivant. Des jeunes hommes (123) constituaient le panel de sujets. Face à chacun d'eux, l'une des cinq expérimentatrices, des jeunes femmes qui ne prenaient pas la pilule contraceptive et dont le cycle menstruel était suivi afin d'estimer leur fertilité à chaque période du test.

Placés face à face, assez près pour que les hommes perçoivent (inconsciemment) les indices sur l'état physiologique de l'expérimentatrice, les deux protagonistes devaient décrire en une phrase, en utilisant un verbe particulier et à tour de rôle, des images devant eux. Dans la moitié des cas, les dessins permettaient de formuler les phrases de deux façons différentes. Par exemple : « le capitaine transmet un message à son second » ou « le capitaine transmet à son second un message ». Galanterie oblige, les femmes commençaient et les hommes enchaînaient.

Ce graphique montre la proportion de convergence verbale (Estimated proportion of matching responses) en fonction de la fertilité des expérimentatrices (Confederate's conception risk). On voit clairement que plus la fécondité augmente et moins les réponses concordent. © Kaschak et al., Plos One

Bilan : plus les femmes étaient fécondes, plus les hommes employaient la structure syntaxique que n'avait utilisée l'expérimentatrice. À l'opposé, lorsque les femmes étaient les moins fertiles, la correspondance entre les deux langages était la plus élevée.

Quant à l'interprétation de ces résultats, les auteurs émettent l'hypothèse suivante : des études ayant montré que les hommes savaient ressentir la période de fertilité des femmes, ils augmenteraient leurs chances d'accouplement en montrant leur créativité et favoriseraient ainsi leur succès reproducteur.

Cette théorie se situe dans la lignée de résultats obtenus dans de précédents travaux de recherche, évoquant que les comportements non conformes, dont la créativité et la prise de risques, séduisaient davantage les femmes.