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Eruption d'un volcan de boue sur l'île de Java

Tremblement de terre au mois de mai dernier, éruption du volcan Merapi en juin, nouvelles vagues géantes en juillet… Ces derniers temps, l'île de Java est harcelée par des catastrophes naturelles aussi rapides que difficilement prévisibles. Mais, depuis près de trois mois, un autre désastre menace l'est de l'île : une marée de boue jaillit du sol de Sidoarjo, située à 35 kilomètres au sud de Surabaya, et se déverse sur les habitations. Elle s'accompagne d'importants rejets de sulfure d'hydrogène toxique…

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De la boue à haute température jaillit du sol, accompagnée de gaz toxiques (Crédits : Eka Dharma/Getty)
De la boue à haute température jaillit du sol, accompagnée de gaz toxiques
(Crédits : Eka Dharma/Getty)

Tout a commencé le 28 mai 2006, lorsque de la boue a commencé à s'échapper d'un forage pétrolier mené par la compagnie PT Lapindo Brantas dans la région de Surabaya. L'entreprise a tenté d'endiguer le flot jaillissant d'une poche souterraine, mais en vain. Trois mois plus tard, le phénomène a pris de l'ampleur, et ce sont 50.000 mètres cube qui se déversent chaque jour à Sidoarjo. A l'heure d'écrire ces lignes, une zone de 25 kilomètres carré est recouverte de vase, et plusieurs milliers d'habitants ont déjà été contraints de fuir. Outre la boue, ce sont les éjections de sulfure d'hydrogène toxique accompagnant la coulée qui inquiètent le plus les autorités. En effet, ces dernières causent des troubles respiratoires au sein de la population.

L'apparition de volcans de boue n'est pas un phénomène nouveau : en 1945, déjà, un tremblement de terre au Pakistan avait vu la formation de trois d'entre eux. Mais, par sa taille et ses rejets, celui qui touche l'île de Java est sans précédent. La température de la boue est très élevée – près de soixante degrés Celsius – et les quantités de gaz éjectées très importantes.

Deux habitants progressent dans la vase pour fuir la zone du sinistre (Crédits : TRISNADI/AP/EMPICS)
Deux habitants progressent dans la vase pour fuir la zone du sinistre
(Crédits : TRISNADI/AP/EMPICS)

On apprend dans la version en ligne de la revue Nature que le forage pétrolier serait bien à l'origine du phénomène. D'après le géologue George Delisle, de l'Institut fédéral de géosciences, il aurait atteint un réservoir de gaz et de sédiments qui, une fois connecté à la surface, aurait jailli sous l'effet de la pression. Néanmoins, ce serait des événements géologiques qui auraient catalysé le processus : le tremblement de terre qui a secoué Yogyakarta le 27 mai aurait notamment pu élargir la brèche et accroître le débit de boue.

Peut-on mettre fin à ce désastre ? Pour l'heure, aucune tentative de colmatage n'a encore fonctionné. Selon le vice-président de la compagnie PT Lapindo Brantas, Imam Agustino, le scénario le plus optimiste prévoit l'interruption du flot pour la mi-novembre. En attendant, les habitants de la région continuent à fuir…


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