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Le LHC détruira-t-il la Terre ? Non, répond le Cern !

La Terre va-t-elle disparaître, engloutie par un trou noir fabriqué de la main de l’homme ? Ses protons vont-ils se désintégrer à cause de monopôles magnétiques imprudemment créés au LHC ? Les faisceaux de protons du Cern vont-ils faire bouillir le vide et détruire l’Univers tel que nous le connaissons ? A ces interrogations légitimes du grand public un groupe d’experts du Cern répond à nouveau : non...

Stephen Hawking visite le LHC. Crédit : Cern Stephen Hawking visite le LHC. Crédit : Cern

Le LHC détruira-t-il la Terre ? Non, répond le Cern ! - 3 Photos

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La fin du monde n’aura pas lieu en 2012 en accord avec les délires basés sur la fin du calendrier Maya et autres billevesées. Non, selon Walter Wagner et Luis Sancho, deux honorables citoyens, respectivement des Etats Unis d'Amérique et d'Espagne, elle devrait avoir lieu cette année ou l’année prochaine et ce sont les physiciens du Cern qui en seront peut-être la cause ! 

Apprenant que des mini trous noirs pourraient éventuellement être créés au LHC, et mettant en doute les analyses de physiciens du calibre de Jean Iliopoulos, ces deux hommes, dont seul le premier a étudié la physique (avant d'abandonner pour une formation en droit) ont fait une campagne active pour empêcher la mise en route du LHC. Déterminés, Wagner et Sancho ont porté plainte devant un juge de Honolulu (Hawaï).

La création de mini trous noirs, et éventuellement de mini trous de vers au LHC, est très spéculative. Normalement, les mêmes lois physiques qui permettent la création éventuelle de ces objets à basses énergies imposent qu’un mini trou noir doit s’évaporer incroyablement rapidement avant de pouvoir absorber de la matière autour de lui. Il s’agit d’une prédiction basée sur les travaux de Stephen Hawking. Cependant, rien ne semble nous démontrer de façon certaine que les calculs fait ne soient pas faux, et qu’un fois fabriqué, un tel mini trou noir ne se révélera pas capable d’engloutir la Terre entière.

Cliquez pour agrandir. Schéma du détecteur Atlas. Crédit : Cern

Cliquez pour agrandir. Schéma du détecteur Atlas. Crédit : Cern

Un danger effectivement étudié par les physiciens

En outre, il serait peut-être possible aussi de créer au Cern des monopôles magnétiques, l’équivalent des électrons mais avec une charge magnétique soit nord soit sud (un aimant étant un dipôle magnétique), dont certaines Théories de Grande Unification (GUT) prédisent l’existence.

Or, le physiciens Rubakov a déterminé il y a plusieurs années qu’un tel monopôle en présence d’un proton catalyserait rapidement sa désintégration. Un fois créé, un seul de ces objets sur Terre pourrait donc bien entraîner plus ou moins rapidement la désintégration complète de la matière de la planète !

Le problème ne se limite d'ailleurs pas aux mini trous noirs. Les faisceaux de protons du LHC pourraient créer d’autres objets potentiellement dangereux en entrant en collision, à l’intérieur du détecteur Atlas par exemple. Une étude des risques possibles a bien été réalisée par des physiciens et avait déjà donné lieu à un rapport en 2003 (téléchargeable au format PDF).

Devant la dimension qu’ont prise sur Internet les allégations de Wagner et consorts, un nouveau rapport sur les risques aux LHC vient d’être publié. Un résumé très accessible a même été traduit en français et mis à la disposition de tous en téléchargement (au format PDF).


Cliquez pour agrandir. Une simulation de l'évaporation d'un mini trou noir dans le détecteur Atlas du LHC. Crédit : Cern

Le rapport écrit par des physiciens du Cern aussi célèbre que John Ellis, Gian Giudice, Michelangelo Mangano, Igor Tkachev et Urs Wiedemann aboutit exactement aux mêmes conclusions que le précédent.

Dans l’Univers, les collisions impliquant des rayons cosmiques d'une énergie semblable à celle des protons du LHC quand il sera en plein régime sont très communes. Pour s’en faire une idée, le nombre total de collisions qui seront réalisées avec le LHC se produit déjà dans le cosmos observable 1013 fois par seconde ! Si il y avait le moindre risque, nous n’existerions plus depuis longtemps, comme le confirme l'un des spécialistes français des mini trous noirs, Aurélien Barrau.


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