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Comment lutter contre une marée noire ?

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Les marées noires provoquent dans le milieu marin des dommages très importants qui affectent aussi bien les écosystèmes que les activités économiques telles que la pêche, l’aquaculture et le tourisme. Au vu de l’importance et de l’étendue des impacts d’une telle marée, les premières mesures de lutte sont la prévention.

Lorsque ces mesures se révèlent insuffisantes suite à un accident (comme la catastrophe de l'Erika) ou à une négligence, tout un éventail d’opérations doit se mettre en place pour réduire autant que possible les conséquences d’une marée noire.

Ces opérations sont fortement conditionnées par les conditions météorologiques, la nature du pétrole incriminé (lourd ou léger) et la proximité de sites sensibles à protéger (écosystèmes remarquables, productions aquacoles, sites touristiques…). Les interventions se font donc en conséquence de l’urgence de la situation, des enjeux et des possibilités techniques, ce qui peut mener à des actions désespérées et nocives pour l’environnement dans l’espoir de protéger certains sites sensibles.

Fermer le robinet de pétrole

Lors d’un naufrage, d’un accident sur un oléoduc ou une plate-forme d’exploitation offshore, les efforts de lutte se portent d’une part sur la source du pétrole, pour la limiter, et d’autre part sur la nappe de pétrole déjà déversé en mer. Si un site refuge qui facilite les opérations est à proximité, le navire naufragé y est remorqué et éventuellement échoué (cas du Sea Empress). Si la côte est loin, le navire est remorqué au large pour éviter la contamination du littoral. Parallèlement à cette opération, les équipes d’interventions tentent de colmater les fuites, ce qui est souvent difficile, et de vider les cuves de pétrole (cas de l'Exxon Valdez et du Prestige).

Dans le cas de petites pollutions localisées, il est possible d’utiliser des absorbants qui fonctionnent comme des éponges pour récupérer le pétrole en mer.

Cliquer pour agrandir. Diagramme de l’organisation de la lutte contre les marées noires. © Grégoire Macqueron / Futura-Sciences
Cliquer pour agrandir. Diagramme de l’organisation de la lutte contre les marées noires. © Grégoire Macqueron / Futura-Sciences

Guerre en haute mer et sur les côtes

En parallèle aux opérations sur la source de la pollution, d’autres interventions ciblent la nappe de pétrole. Lorsque cette nappe ne menace pas les côtes ni des sites sensibles, il n’y a pas de d’urgence. La progression de la nappe est alors suivie par satellite et observation aérienne tandis que la dégradation naturelle du pétrole par les micro-organismes est favorisée.

Quand les côtes sont menacées, l’objectif est d’empêcher au maximum l’arrivée de la nappe sur les sites les plus sensibles. Pour cela, il est possible de réduire la nappe à l’aide de produits chimiques (des dispersants) ou en l’incendiant. Ces deux mesures ne sont utilisées que lorsque qu’elles permettent d’éviter plus de dommage qu’elles n’en provoquent.

En effet, bien que les dispersants transforment la nappe de pétrole en micro-gouttelettes plus faciles à dégrader par les micro-organismes et moins dangereuses pour les grands organismes marins (oiseaux, cétacés…), leur toxicité est avérée et ils risquent de contaminer la colonne d’eau, les sédiments et leurs organismes.

Dans le cas de l’incendie du pétrole de surface, seules les fractions les plus légères sont éliminées, en polluant l’atmosphère, tandis que le reste du pétrole se concentre et devient plus lourd et plus difficile à récupérer. Ce type d’opération a été utilisé dans les cas du Torrey Canyon et de la marée noire de Louisiane de 2010.

Si la surface de la nappe n’est pas trop étendue et que les conditions le permettent, des barrages flottants sont mis en place pour freiner la progression de la nappe et concentrer le pétrole avant de le pomper. Dans le cas du pétrole lourd, qui flotte entre deux eaux, il faut avoir recours à des chalutages pour récupérer les hydrocarbures.

Enfin, quand tout cela n’est pas suffisant, une dernière ligne de défense est formée avec des barrages flottants aux alentours de la côte et des sites sensibles. Il ne reste ensuite plus qu’à nettoyer les plages et soigner les animaux mazoutés. Ce nettoyage requiert de nombreux moyens humains équipés de pelleteuses, de pelles et de seaux, ainsi que de produits de lavage et de désémulsifiants pour séparer les hydrocarbures de l’eau de mer et les décoller des rochers.

Un oiseau mazouté après une marée noire en Crimée. © Igor GOLUBENKOV / Saving Taman / Marinephotobank CC by 2.0 Un oiseau mazouté après une marée noire en Crimée. © Igor GOLUBENKOV / Saving Taman / Marinephotobank CC by 2.0

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