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La pollution d’un milieu est-elle irréversible ?

Question/RéponseClassé sous :Pollution , dégradation des milieux , dégradation de l’environnement
La Caulerpa taxifolia, hôte indésirable, est désormais solidement établie en Méditerranée. © Richard Ling CC by-nc-sa 2.0

Malgré des impacts catastrophiques sur les écosystèmes, de graves pollutions comme les marées noires ou l'empoisonnement au mercure des cours d'eau ne sont heureusement pas irréversibles, le plus souvent.

La résilience des écosystèmes

Avec le temps, l'ensemble des réactions physico-chimiques du milieu et l'action des organismes sont capables de détoxifier et d'éliminer les polluants chimiques. Si les sources de pollution sont taries, les populations peuvent se remettre peu à peu et se régénérer, rendant aux écosystèmes leurs fonctionnalités. C'est ce que l'on appelle la résilience des écosystèmes.

Cependant, tous les écosystèmes ne sont pas égaux face aux pollutions, certains étant plus sensibles que d'autres. Par ailleurs, plus un écosystème est dégradé et subit de pressions (surexploitation, pollutions diverses, déforestation, etc.), plus sa résilience est faible. Si certaines espèces clé sont atteintes, il peut même s'effondrer irréversiblement.

La réversibilité d'une pollution dépend donc de l'état de santé du milieu et des agressions chroniques qu'il subit. L'homme peut cependant intervenir pour favoriser et accélérer le retour à la normale en luttant contre les sources de pollution et en engageant des actions de restauration écologique et de dépollution.

Les pollutions irréversibles

Toutefois, certaines pollutions sont irréversibles, du moins à des échelles de temps humaines. C'est le cas par exemple des catastrophes nucléaires du type Tchernobyl, dont les effets sur le milieu sont extrêmement importants et durables.

Moins extraordinaires, mais tout aussi irréversibles, sont les pollutions biologiques et génétiques engendrées par les espèces invasives. En effet, une fois bien implantées, la plupart de ces espèces étrangères au milieu deviennent des membres permanents des écosystèmes. Leurs effets sont alors eux aussi permanents.

C'est le cas par exemple de la Caulerpa taxifolia en mer Méditerranée, une algue exotique que l'homme n'a su empêcher de s'installer dans les herbiers marins. Désormais, cette espèce fait partie de l'écosystème méditerranéen et appauvrit la biodiversité et la morphologie du milieu en remplaçant les herbiers de posidonie.

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