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En bref : 80 % de la jungle de Bornéo modifiée par l’Homme

À Bornéo, on découvre régulièrement de nouvelles espèces. Voilà qui pourrait rapidement changer, car la forêt tropicale est mise à mal : son anthropisation impacte 80 % de la jungle malaisienne.

Les images Landsat montrent les routes successives (en rose) construites entre 1990 et 2009 dans une région boisée du « Cœur de Bornéo », à Sarawak. © Jane Bryan et al., Plos One, 2013 Les images Landsat montrent les routes successives (en rose) construites entre 1990 et 2009 dans une région boisée du « Cœur de Bornéo », à Sarawak. © Jane Bryan et al.Plos One, 2013

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L’île de Bornéo est célèbre pour la richesse de sa biodiversité. Des dizaines de milliers d’espèces animales et végétales se partagent cette immense forêt tropicale qui s’étend sur le Brunei, la Malaisie et l’Indonésie. Cependant, l’île est menacée par une déforestation qui frappe par sa rapidité. L’industrie du bois, le développement des plantations de palme ainsi que les feux de forêt ravagent complètement la jungle. Dans une nouvelle étude, parue dans la revue Plos One, une équipe montre que la partie malaisienne de l’île est à 80 % impactée par l’anthropisation des sols.

À partir des données satellite issues du projet Carnegie Landsat Analysis System-lite (CLASlite), l’équipe menée par le chercheur Greg Asner a montré qu’entre 1990 et 2009 près de 364.000 km de routes ont été construits dans la forêt du côté malaisien. L’état de dégradation des États de Sabah et Sarawak n’avait jamais été quantifié de façon aussi précise. D’après l’étude, seulement 8 % et 3 % des zones de forêts de Sabah et Sarawak demeurent intactes. À titre de comparaison, 54 % de la forêt tropicale du Brunei est épargné.

Les études antérieures utilisaient des méthodes de cartographie satellite. Or, par ce moyen, les résultats ne pouvaient pas prendre en compte la dégradation de la forêt. « L'exploitation forestière lourde laisse un sillage de dégradation des forêts, et ce même si la zone peut encore ressembler à une forêt dans l'imagerie satellite classique. Avec le système CLASlite, nous pouvons voir les effets de l'exploitation sur la voûte intérieure de la forêt. Le système a révélé une dégradation extrêmement répandue dans ce cas », commente Greg Asner. Bornéo est une île de biodiversité, mais tout comme Madagascar, elle est confrontée à une frénésie d’utilisation des sols qui, non réglementée, pourrait bien mettre en danger l’écosystème entier de l’île.


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