La diversité climatique constatée entre les civilisations masque un dénominateur commun bien réel : le stress climatique. Pour le déceler, on va avancer une hypothèse : une société n’est pas motivée à faire preuve d’innovation si l’environnement ne lui propose pas d’aiguillon. En particulier, c’est le spectre des famines qui invite à domestiquer la nature pour augmenter l’abondance de nourriture.

Les facteurs du stress climatique
On peut recenser au moins deux facteurs climatiques influençant ce « stress environnemental », ci-dessous.
Facteurs climatiques des créations de civilisations
À partir de ces réflexions, l’étude menée dans Les civilisations à l’épreuve du climat isole trois facteurs climatiques dont la présence conjointe pourrait constituer un moteur majeur dans la transition vers l’histoire :
On aboutit ainsi à la carte climatique ci-dessous, superposée à la carte des premiers foyers de civilisation.

L’analogie est presque parfaite : aucune civilisation autonome n’a jamais émergé à l’écart de l’un des foyers climatiques mis en avant. Et à l’inverse, tous les foyers climatiques ont bel et bien entraîné l’émergence d’une civilisation. Il existe une seule exception, située autour de la frontière sino-birmane : c’est la seule zone qui ne jouxte ni plaine ni plateau. Cela a sans doute empêché l’unité géographique indispensable à l’essor d’une civilisation : de fait, partout ailleurs dans le monde, les civilisations se sont développées dans les zones planes bordant les foyers climatiques.
Ces constats tendent à confirmer que la naissance de l’histoire a répondu à un fort déterminisme climatique : la diversité rencontrée dans le développement des différentes régions du monde n’apparaît en aucun cas comme aléatoire.
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