Une vue d'artiste de Kepler 452b. L'exoplanète tourne en un peu plus d'un an terrestre autour d'une étoile de type G2, comme le Soleil, mais plus âgée que lui. De l'eau liquide existe peut-être à sa surface car elle se trouve dans la zone d'habitabilité. © Nasa Ames, JPL-Caltech, T. Pyle

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Kepler 452b, l'exoplanète la plus ressemblante à la Terre

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La Nasa vient d'annoncer la découverte d'un exoplanète qui pourrait être la plus semblable à la Terre connue à ce jour : Kepler 452b. On ne sait encore rien de sa masse ni de sa composition mais il semble probable qu'elle soit rocheuse. Comme elle se trouve dans la zone d'habitabilité d'une étoile de type solaire, elle pourrait abriter de la vie et même une civilisation intelligente, ce qui en ferait une exoterre au plein sens du terme.

Il y a gros à parier que l'exoplanète Kepler 452b va faire l'objet de toute l'attention du projet Breakthrough Initiative récemment financé par Yuri Milner, largement médiatisé avec l'aide de Stephen Hawking, et qui bénéficiera au programme Seti, à l'écoute des signaux radio venus d'éventuelles civilisations extraterrestres. L'existence de cette exoterre potentielle (les membres de la mission Kepler la qualifient plutôt de superterre car, selon leur nomenclature, cette dénomination caractérise les exoplanètes dont le rayon est compris entre 1,25 et 2 fois celui de la Terre) vient en effet d'être annoncée le 23 juillet 2015 lors d'une conférence de la Nasa au sujet des dernières découvertes de la mission Kepler. Elle a été présentée comme l'exoplanète la plus ressemblante à la Terre connue à ce jour de l'humanité.

Pourquoi ? Déjà parce qu'elle se trouve dans la zone d'habitabilité d'une étoile de type G2, tout comme l'est notre Soleil. Ensuite parce que le diamètre de Kepler 452 est seulement supérieur de 10 % à celui de notre étoile et sa luminosité est plus élevée de 20 % avec une température de surface quasi identique. Comme l'exoplanète Kepler 452b a un rayon supérieur de 60 % à celui de la Terre, qu'elle est probablement rocheuse (bien que cela reste à démontrer puisqu'on ne connaît pas encore sa masse) et qu'elle boucle une orbite autour de Kepler 452 en 385 jours terrestre, il est effectivement possible qu'elle ressemble beaucoup à la Terre et soit habitable (et pourquoi pas habitée).

À gauche, la Terre et le Soleil, à droite Kepler 452b et son étoile, un peu plus grosse et plus brillante que la nôtre. Il s'agit bien sûr d'une vision d'artiste. © Nasa Ames, JPL Caltech, T. Pyle

Kepler 452b, une superterre habitable âgée de 6 milliards d'années ?

La prudence s'impose tout de même. On l'a dit, sa densité, et donc sa composition, restent inconnues puisque son rayon a été déterminé mais pas sa masse. Tout aussi inconnue est la composition de son atmosphère, laquelle influe grandement sur la présence d'eau liquide ou non, même lorsque l'on se trouve, comme c'est le cas ici, dans une zone où elle peut exister.

Enfin, l'étoile Kepler 452, qui est située à 1.400 années-lumière environ dans la constellation du Cygne, est plus âgée que le Soleil. La théorie de l'évolution stellaire pour une étoile sur la séquence principale du diagramme de Hertzsprung-Russell nous dit en effet qu'elle doit être âgée de 6 milliards d'années soit 1,5 milliard d'années de plus que notre Soleil. Or, même si notre étoile ne sera pas encore devenue une géante rouge dans un milliard d'années, sa propre évolution va tout de même la conduire à faire bouillir les océans de la Terre, la rendant inhabitable. Kepler 452b en est peut-être précisément au même stade. Mais de quelles technologies disposerons-nous d'ici là ? Nous permettront-elles de survivre ?

Placé sur la même orbite que la Terre, le télescope spatial Kepler la suit à une distance qui varie avec un rythme de 4 ans. Son télescope de 0,98 m observe toujours la même région du ciel, surveillant 145.000 étoiles dans les constellations du Cygne et de la Lyre. Spécifiquement conçu pour la recherche d'exoplanètes, il utilise la méthode des transits, consistant à mesurer la très légère baisse de luminosité de l'astre quand un corps passe devant. © Idé

Si oui, on peut alors imaginer qu'une civilisation technologique avancée existe peut-être encore autour de l'étoile Kepler 452... À défaut, tout comme nous avons lancé le Golden Record des sondes Voyager dans l'espace pour témoigner de l'existence de l'humanité, cette civilisation supposée a peut-être laissé une sorte de mémorial de son odyssée dans le cosmos, rayonnant sans cesse sous forme d'ondes radio ou d'émissions laser contenant un message et des informations à destination des autres intelligences pouvant émerger dans la Voie lactée. Le Breakthrough Listen pourrait donc nous surprendre en étudiant dans les 10 ans à venir Kepler 452 et son exoterre supputée.

En tout état de cause, les analyses des données collectées par le satellite Kepler sont toujours en cours. Les membres de la mission ont annoncé qu'à ce stade ils disposaient de 4.696 candidats au titre d'exoplanète. Soit 521 candidats de plus que lors de leur précédente conférence, dont 11 sont de tailles similaires à celle de la Terre et situées dans la zone d'habitabilité de leur soleil.

1.030 exoplanètes ont réellement été découvertes par Kepler. Le 24 janvier 2015, le célèbre site L'Encyclopédie des planètes extrasolaires, créé et mis à jour par l'astronome Jean Schneider, affichait 1.935 exoplanètes au compteur. Que de progrès depuis que Mayor et Queloz ont annoncé la découverte de 51 Pegasi b le 6 octobre 1995 !

Interview : qu'est-ce qu'une exoplanète ?  La question des exoplanètes est très ancienne en astronomie. Leur existence est pour la première fois attestée de façon indirecte dans les années 1990. Futura-Sciences a rencontré Jean-Pierre Luminet, astrophysicien de renom, afin qu’il nous parle plus en détail de ce passionnant sujet.