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Les dernières images d'Encelade prises par la sonde Cassini

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Le 21 novembre 2009, la sonde Cassini survolait le pôle sud d'Encelade, un des satellites de Saturne, avant qu'il ne plonge dans une nuit de 15 ans. La sonde a effectué de nombreuses mesures et saisi de nouvelles images de la zone d'où s'élèvent des dizaines de geysers. Encelade apparaît maintenant comme plus prometteuse qu'Europe pour une possible exploration de poches d'eau liquide abritant peut-être la vie.

La zone contenant Baghdad Sulcus, vue en perspective. Crédit : Nasa, JPL, SSI

La mission Cassini ne cesse d'apporter sa moisson d'images merveilleuses et stupéfiantes de Saturne et ses lunes. On se souvient de la découverte de sortes de soucoupes volantes dans les anneaux de Saturne ainsi que des survols de Japet dont l'un avait été commenté par Arthur Clarke lui-même. Mémorable aussi fut la descente du module Huygens dans l'atmosphère de Titan ainsi que plusieurs survols de cette lune que l'on compare souvent à une sorte de Terre au congélateur, gardant en mémoire les processus prébiotiques qui ont conduit sur notre planète à l'apparition de la vie.

Les planétologues ont bien sûr été surpris par la découverte d'importants panaches s'échappant de la surface d'Encelade, générés par des geysers composés de particules très fines de glace et éjectées dans l'espace à plus 200 kilomètres de la surface. Le dernier survol de la zone la plus active de cette lune l'année dernière n'a pas déçu les chercheurs.

Cliquer pour agrandir . Encelade proche de Saturne. Les geysers s'élevant du pôle sud sont bien visibles. Crédit : Nasa, JPL,SSI

De nouvelles images dans le visible ainsi qu'en infrarouge ont été prises. Les mesures ont aussi montré que les températures, bien que très froides pour un Terrien, étaient particulièrement chaudes par rapport au reste d'Encelade. Les chercheurs ont aussi obtenu la meilleure image 3D obtenue jusqu'à présent d'une zone de forme curieuse, comparée à une « griffure de tigre », c'est-à-dire l'une des séries de fracture parallèle d'où s'échappent parfois des geysers vers le pôle sud d'Encelade.

Le survol du 21 novembre 2009 avait en partie pour but d'obtenir des images plus fines des geysers, d'en découvrir de plus faibles et aussi de voir leur évolution par rapport à un précédent survol. La mosaïque de nouvelles images en résultant montre clairement 30 geysers dont 20 sont nouveaux.

Cliquer pour agrandir . Un zoom sur les geysers d'Encelade. Crédit : Nasa, JPL, SSI

La fracture longue de 40 kilomètres environ et baptisée Baghdad Sulcus a particulièrement été scrutée et des températures supérieures à 180 K (kelvins) ont été mesurées.

Par rapport aux 310 K d'un corps humain, une telle température paraît faible. Elle est toutefois remarquablement plus élevée que les 50 K régnant à la surface d'Encelade.

Cliquer pour agrandir. Cette image montre un segment long d'environ 40 km de la grande fracture de Baghdad Sulcus qui s'étire sur près de 175 km. Des geysers en sortent et les couleurs indiquent les zones les plus chaudes observées en infrarouge. Crédit : Nasa, JPL, SSI

Le fait que, en plus de cristaux de glace, les geysers contiennent des molécules organiques laisse songeur. En dessous de la surface d'Encelade et au niveau des fameuses griffures de tigre crachant ces geysers doivent se trouver des poches d'eau liquide. Elles seraient bien plus accessibles, du fait de leur faible profondeur, que l'océan sous la banquise d'Europe, le satellite mythique de Jupiter.

Il semble clair qu'une mission bien conçue pourrait nous apporter la preuve que de la vie existe dans le Système solaire mais en dehors de la Terre.