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Pour accéder à l'espace, la Nasa se tourne vers des projets privés

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Après l'annonce par le président Obama d'abandonner le programme Constellation et avec lui le moyen de transport prenant la suite de la navette, la Nasa change de paradigme. Elle noue actuellement des partenariats avec cinq entreprises ayant déjà des projets d'engins d'accès à l'espace.

Le projet d'avion spatial de SpaceDev (filiale de Sierra Nevada) qui pourrait être lancé par une Atlas 5 de ULA. Crédit SpaceDev

L'agence spatiale lance le partenariat public-privé CCDev (l'équivalent de Cots qui, lui, concerne le fret) afin d'étudier des projets liés aux vols spatiaux du secteur privé et sélectionne cinq firmes qui vont pourvoir avancer sur des projets bien précis.

Ces firmes sont Sierra Nevada, Boeing, United Launch Alliance, Blue Origin et Paragon Space Development. Elles ont chacune en projet des systèmes ou un moyen de transport spatial susceptibles d'être développés dans des délais raisonnables.

Elles vont se partager une première subvention de 50 millions de dollars provenant du plan de relance américain. Celui-ci a pour objectif d'étoffer les industries spatiales amenées à absorber une partie des emplois que la Nasa sera contrainte de supprimer. Pour autant, l'agence spatiale américaine ne souhaite pas couper les ponts avec ses fournisseurs historiques. Elle souhaite bien sûr ne pas perdre leurs expériences acquises tout au long de ces 60 dernières années mais veut avant tout éviter de former de nouveaux monopoles. L'arrivée de nouveaux fournisseurs pourrait également favoriser l'émergence de nouvelles solutions ou technologies susceptibles de rendre les vols spatiaux plus sûrs et moins chers.

Pas de rupture technologique significative

Le projet de Sierra Nevada est bien connu des spécialistes. Il s'agit du Dream Chaser de SpaceDev, une de ses filiales. Cet avion spatial de type Hermès se base sur le système de transport HL-20 développé par le Centre Langley de la Nasa au milieu des années 1980. Il sera lancé par un lanceur en ligne et se posera comme un avion. Il ne s'agira pas d'un engin novateur. La firme américaine prévoit d'utiliser des technologies et des concepts éprouvés et disponibles sur étagère. Cette solution vise à développer et mettre l'engin sur le marché rapidement et à un coût raisonnable. Il pourrait être lancé dès 2014 au moyen d'une Atlas 5 opérée par la United Launch Alliance (ULA), une joint-venture formée par les firmes américaines Boeing et Lockheed Martin pour construire et lancer des fusées EELV (non récupérable) pour le compte du gouvernement des Etats-Unis. Les deux seules fusées opérées sont l'Atlas 5 de Lockheed Martin et de la Delta IV de Boeing aux performances similaires. Le financement reçu par ULA concerne la mise au point d'un système de détection de pannes imminentes ou de situation dangereuse de façon à éjecter du lanceur le véhicule spatial avant que la panne ne se produise.

Quant à Boeing, l'argent reçu servira à pousser plus en avant son projet d'avion spatial annoncé comme suffisamment versatile pour être lancé par différents lanceurs. Paragon Space Development, un sous-traitant impliqué dans le développement du véhicule spatial Orion, pourrait à l'avenir fournir des éléments du système vie d'un véhicule spatial comme un système de régénération de l'atmosphère.

Enfin, Blue Origin, dirigé part Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon, obtient un financement pour pousser plus en avant son concept original de tour d'éjection. Cependant, la Nasa ne mise pas sur son projet de véhicule suborbital New Shepard capable de décoller et d'atterrir à la verticale. En novembre 2006, Blue Origin avait procédé au lancement et à l'atterrissage d'un prototype de cet engin qui avait réussi à s'élever verticalement jusqu'à une altitude de 87 mètres avant de revenir se poser en douceur.