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Marseillevirus : un nouveau virus géant

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Comme son nom l'indique, Marseillevirus a été découvert à Marseille, par Didier Raoult, du CNRS. Ce virus géant révèle le rôle des amibes dans la création de nouvelles maladies.

Reconstitution 3D de Marseillevirus. © D. Raoult / URMITE

Plus petit que le virus géant Mimivirus, Marseillevirus est le cinquième plus grand génome viral séquencé avec ses 368.000 paires de base. De forme icosaédrique (voir la reconstitution en bas de l'article), il présente un diamètre d'environ 250 nanomètres.

En tant que virus géant, Marseillevirus peut devenir l'hôte infortuné d’autres virus plus petits, les virophages, qui favorisent les échanges génétiques entre virus. Or les virus sont eux-mêmes des adeptes des échanges de génome, emportant et déposant au sein des codes génétiques de leurs hôtes des fragment d'ADN ou d'ARN étrangers.

Facteur amplificateur de cette soupe génétique, Marseillevirus a été découvert dans une amibe par l'équipe de Didier Raoult de l'unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (URMITE - CNRS / Université Aix-Marseille 2). Les amibes sont de gros eucaryotes qui absorbent toutes sortes d'organismes (bactérie, archéobactérie, virus, eucaryote) et qui peuvent même être eux-mêmes des parasites intracellulaires. Ce mode de vie favorise lui aussi fortement les échanges génétiques.

Marseillevirus à différents stades de sa formation dans l'amibe. © Didier Raoult / URMITE

La chimère génétique participe à la création de nouvelles maladies

Il n'est donc pas étonnant que le matériel génétique de Marseillevirus soit si divers. Son génome chimérique, c'est-à-dire un mélange d'ADN et d'ARN, est en fait une mosaïque de gènes d'organismes très différents.

Les amibes, et plus généralement les protistes, des eucaryotes unicellulaires qui pratiquent la phagocytose, associées aux virus, sont donc des lieux de constitution de nouveaux répertoires génétiques. Cette alchimie génétique peut alors générer de nouveaux agents pathogènes pour les être vivants. Faire de nouvelles maladies avec d'anciens génomes, en quelque sorte.