Dans le cas du cancer localisé de la prostate, il y aurait peu de différence de survie à dix ans entre les patients traités par chirurgie ou radiothérapie, et ceux qui sont simplement surveillés activement. Mais le cancer évolue plus fréquemment chez les patients qui n’ont pas eu de traitement.

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    D'après une étude britannique parue dans New England Journal of Medicine, pour un cancer de la prostate localisé, le taux de survie s'élève à 99 % au bout de dix ans quel que soit le traitement : chirurgie, radiothérapieradiothérapie ou suivi actif. Voilà de quoi alimenter le débat sur le surtraitement de ce cancer. En France, c'est le cancer le plus fréquent chez l'homme, avec 71.000 nouveaux cas détectés en 2015. Or, les traitements ont des effets secondaires : impuissance, incontinence, problèmes intestinaux, qui altèrent la qualité de vie des patients.

    Dans cette étude, 1.643 hommes diagnostiqués avec un cancer de la prostate localisé ont été répartis en trois groupes : 553 ont subi une chirurgie pour retirer la prostate, 545 ont eu une radiothérapie et 545 ont simplement fait l'objet d'un suivi actif. Au bout de dix ans, 17 patients sont décédés à cause du cancer de la prostate : 8 dans le groupe en suivi actif, 5 dans le groupe opéré et 4 dans le groupe avec radiothérapie. La différence n'était donc pas significative entre les groupes.

    Mais le cancer a progressé chez un homme sur cinq dans le groupe qui était en surveillance active, et chez un homme sur 10 dans les deux groupes traités. Les métastases se développaient plus souvent chez les hommes en surveillance active (33 hommes), que ceux qui avaient été opérés (13 hommes) ou qui avaient eu la radiothérapie (16 hommes). Si le traitement n'allonge pas l'espérance de vieespérance de vie sur les dix premières années, on peut se demander si une survie plus longue peut apparaître au-delà (dans les cinq ou dix années suivantes).

    La conclusion de cette étude est que les trois approches ne se traduisent pas par une différence de mortalité notable en dix ans, mais un suivi à plus long terme serait nécessaire pour savoir ce qui se passe au-delà des dix ans.