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Déforestation en Guyane française

Dossier - La forêt tropicale et sa biodiversité
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La première découverte de forêts tropicales et dont il reste des traces écrites est une narration qui a plus de 2000 ans. En 327 avant JC, les troupes d’Alexandre le Grand franchissent la célèbre Khyber Pass (entre Afghanistan et Pakistan), débouchent dans le Punjab, et continuent jusqu’aux rives aval de l’Indus. Des textes relatent des mangroves et des marais boisés, des manguiers, des bananiers, et des banyans. D’ailleurs, le mot « jungle », qui fait allusion a une forêt lianeuse et buissonnante de pénétration difficile, est dérivé de l’Hindi « jangal ».

  
DossiersLa forêt tropicale et sa biodiversité
 

On ne peut pas encore parler de fragmentation du massif forestier en Guyane, bien heureusement. La Guyane couvre 85 000 km2, dont 80 000 = 94% sont des forêts intactes. De 1981 à 1990, seulement 30 km2 ont été déforestées.
Quant a l'exploitation forestière, celle-ci ne concerne qu'environ 5% (4000 km2) de toute la surface boisée (Sanite, 1995), et elle est assez bien contrôlée par l'ONF.

Certes, il y a au moins une cinquantaine de zones très dégradées, de forêts secondaires et d'ouvertures créées par l'homme (villages, abattis = potagers, sites miniers, surtout aurifères). Environ les 2/3 de ces sites se localisent au Nord, sur la bande côtière, où réside plus de 80% de la population humaine.

Mais les atteintes à l'environnement sont néammoins bien présentes en Guyane. Certaines sont très visibles, comme l'inondation d'environ 360 km2 de forêts primaires pour la construction du barrage hydroélectrique de Petit Saut, ou encore les nouvelles routes telle celle rejoignant Kourou à Sinnamary sans passer par le Centre Spatial Guyanais.

La déforestation est encore faible en Guyane française, gràce à la vigilance et au « bon sens » de l’ONF et des autorités. Le lac artificiel de Petit-Saut, créé à l’occasion de la mise en eau du barrage, a recouvert quelques 360 km2 de forêts. Ce nouvel écosystème lacustro-forestier est étudié depuis quelques années par les hydrobiologistes locaux. © François Catzeflis

D'autres atteintes sont beaucoup plus graves, mais peu ou pas visibles : les conséquences de l'orpaillage, légal et surtout illégal, entrainent une forte contamination de l'écosystème par le methyl-mercure. Dans la région amont de Maripasoula, le long du Fleuve Maroni et de ses principaux affluents, plus de 60% des enfants amérindiens (qui fréquentent les dispensaires...) ont des teneurs en mercure qui dépassent les normes acceptables par l'OMS.

Aujourd'hui, avec un orpaillage clandestin hors de contrôle malgré de récents efforts des services de l'Etat, les forêts de Guyane sont littéralement mitées par les centaines - oui, centaines - de camps d'orpailleurs qui recherchent dans les berges et les sédiments des rivières les paillettes d'or.