Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire est un rendez-vous incontournable de l'art des jardins. Créé en 1992, il s'adresse aussi bien aux spécialistes qu'à un large public. © E. Sander, domaine de Chaumont-sur-Loire

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Les sept péchés capitaux au festival des jardins de Chaumont-sur-Loire

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Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire s'est ouvert le vendredi 25 avril pour six mois autour de la thématique des sept péchés capitaux, revisités par les plus grands paysagistes de la planète. L'occasion d'admirer de magnifiques œuvres végétales et de visiter le somptueux château de Chaumont-sur-Loire.

Château de la Loire surplombant le fleuve, entre Tours et Blois, le domaine de Chaumont-sur-Loire (Loir-et-Cher) accueille depuis 1992 le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire, panorama de la création paysagère internationale, dans un écrin de verdure de 32 hectares. Dans ce vaste espace, 26 paysagistes, architectes, scénographes et jardiniers offrent jusqu'au 2 novembre 2014 leurs interprétations végétales de l'avarice, de la colère, de l'envie, de la gourmandise, de la luxure, de l'orgueil et de la paresse. « Le végétal est le lien. Un fil vert relie les œuvres », explique Chantal Colleu-Dumond, la directrice du domaine.

L'humour a toute sa place dans ce florilège, à l'image du « jardin des poules » : dans un décor de bois traversé par une pièce d'eau, des volatiles figurent des hommes qui se prendraient pour des dieux. Les poules picorent, à peine perturbées par le coassement des grenouilles. Dans le jardin « paradis inversé », on est saisi par des odeurs de caoutchouc qui dénoncent le consumérisme effréné. Dans une symphonie de noirs, seuls les cactus verts semblent résister. Et les promeneurs ne manqueront probablement pas de se prélasser dans un presse-citron géant, en buis, conçu par l'architecte-paysagiste Betty Bui, qui cite l'art des jardins à la française.

« Ici, l'ennui n'existe pas ! Les décors changent d'une semaine à l'autre », assure Chantal Colleu-Dumond en montrant des allées de narcisses et de tulipes blanches, qui seront bleues et mauves l'été venu. Après le critique littéraire Bernard Pivot l'an passé, le jury est présidé pour cette nouvelle édition par William Christie, fondateur de la formation des Arts florissants et lui-même propriétaire d'un jardin classé remarquable, en Vendée.

Le domaine de Chaumont-sur-Loire est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. © Ze, Wikimedia Commons, cc by sa 3.0

Les jardins de Chaumont-sur-Loire, une visite incontournable

La visite ne se limite pas aux seules œuvres présentées dans le cadre du festival. Depuis 2008, le domaine abrite aussi un centre d'arts invitant plasticiens et photographes de renommée internationale à créer des œuvres en lien avec la nature. « Chaque artiste invité expérimente des matériaux, des situations, des contextes inédits. Nous voulons toucher le plus large public avec des œuvres d'une très grande exigence artistique », souligne Chantal Colleu-Dumond.

Les experts, tout autant que les enfants, peuvent ainsi se laisser séduire par une œuvre du Brésilien Henrique Oliveira présentant une impressionnante spirale de bois qui s'enroule, tel un serpent géant, aux charpentes et aux escaliers d'une des granges du château. Plus loin, le jardin virtuel du Mexicain Miguel Chevalier fait bouger des fleurs imaginaires en fonction du mouvement des observateurs. Si le Français Vincent Barré a posé en bordure de coteau une monumentale sculpture en fer et en fonte couleur rouille représentant des copeaux de bois, un autre Mexicain, Gabriel Orozco, a investi d'anciens appartements du château. Il y utilise des fragments de tapisseries anciennes aux motifs floraux pour créer une œuvre méditative sur l'espace et le temps.

La promenade est également l'occasion pour les passionnés de patrimoine de faire une visite plus classique du château de Chaumont-sur-Loire, qui fut notamment la propriété de la reine Catherine de Médicis et de Diane de Poitiers. La dernière propriétaire privée des lieux (cédés à l'État en 1938), la princesse Marie-Charlotte de Broglie, fit du château un rendez-vous incontournable de l'intelligentsia et de l'aristocratie, de 1880 aux années 1930. Le domaine réunit ainsi une remarquable collection de près de 700 meubles et objets d'époque. Aujourd'hui, il emploie 50 salariés à temps plein et plus de 130 en haute saison. Propriété de la région Centre depuis 2007, il a reçu 400.000 visiteurs en 2013.