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La fin du peuple Akuntsu, dans l'indifférence générale

Au fond de la forêt amazonienne, une tribu d'Indiens vit ses dernières années, après d'épouvantables massacres, dont il reste des traces manifestes. Il y a quelques décennies, l'ouverture d'une route a drainé des agriculteurs venus de l'est du Brésil et qui ont, comme on le leur avait demandé, colonisé ces territoires.

La plus jeune des trois femmes Akuntsu encore en vie. © Fiona Watson/Survival International La plus jeune des trois femmes Akuntsu encore en vie. © Fiona Watson/Survival International

La fin du peuple Akuntsu, dans l'indifférence générale - 2 Photos

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Ururú vient de déceder, quelque part en Amazonie, loin vers l'ouest du Brésil. Cette femme était âgée. Elle avait environ 80 ans et était même la doyenne de sa tribu, les Akuntsu. L'histoire pourrait être banale mais ce petit peuple, mal connu, ne compte plus désormais que cinq personnes et Konibú, le frère d'Ururú, va très mal.

La FUNAI (Fundação Nacional do Índio, Fondation Nationale de l'Indien), un organisme brésilien qui s'occupe des droits des peuples indigènes, a eu connaissance de cette minuscule communauté dans les années 1980. Les Akuntsu (un nom donné par leurs voisins, les Kanoë) vivent le long de la rivière Omerê, dans l'Etat de Rondônia, à l'ouest du pays, qui jouxte la Bolivie, au pied de la Cordillère des Andes.

A cette époque, la zone avait été interdite aux exploitations agricoles, justement parce que des tribus semblaient y vivre. Mais finalement, elles paraissaient avoir quitté les lieux. L'exploitation du bois a donc pu reprendre...

La tribu des Akuntsu, au grand complet (cliquer sur l'image pour l'agrandir). © Fiona Watson/Survival International
La tribu des Akuntsu, au grand complet (cliquer sur l'image pour l'agrandir). © Fiona Watson/Survival International

Des traces de villages détruits au bulldozer

En 1995, la FUNAI, grâce aux Kanoë, découvre à nouveau leur existence et, cette fois, peut entrer en contact. Les Akuntsu ne comptent plus alors que sept individus, une fillette, une adolecente, trois femmes, dont Ururú, et deux hommes. La petite fille est décédée en 2000, écrasée sous un arbre tombé une nuit d'orage.

La frayeur que les Blancs leur inspirent frappe l'équipe de la FUNAI, qui en comprend vite l'origine. Apparemment vers le milieu des années 1980, la tribu a subi un massacre perpétré par les fermiers. Les preuves ne manquent pas, à commencer par les témoignages des survivants. Dans la forêt, sur l'ancien territoire des Akuntsu, des traces de villages détruits sont découvertes.


La dernière danse des Akuntsu, une vidéo à retrouver, avec d'autres, sur le site de Survival International.

Visiblement, c'est à coups de bulldozers que ces maisons ont été défoncées, tandis que les Indiens étaient abattus au fusil. A part la fillette, les survivants portent encore des traces de balles sur leurs corps.

Aujourd'hui, les Akuntsu habitent un territoire protégé et peuvent vivre en paix. Mais ils ne sont plus que cinq... Sur l'ensemble de l'Amazonie, il existe bien d'autres tribus, dont 68 n'auraient aucun contact avec le monde extérieur. Quand une nouvelle tribu est signalée, la FUNAI, d'ailleurs, ne cherche plus aujourd'hui à entrer en contact avec elle car l'histoire, en général, finit mal.

Au niveau international, une association, Survival International, dont il existe une antenne française, se préoccupe du sort des peuples indigènes et cherche à en informer l'opinion publique. L'histoire des Akuntsu, mais aussi d'autres peuples, sont racontées sur leur site.


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