Vue aérienne de la structure circulaire où vivent les Moxihatetema, dans la réserve Yanomami au nord du Brésil. © Guilherme Gnipper Trevisan, Hutukara, Survival

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Une des dernières tribus amazoniennes isolées a été photographiée (MAJ)

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Xavier Demeersman, Futura-Sciences

Une des dernières communautés humaines isolées sur Terre, celle des Moxihatetema, a été photographiée du ciel lors de survols aériens menés par les autorités brésiliennes. Ces survols visaient initialement à repérer les camps de garimpeiros, ces chercheurs d'or illégaux qui menacent sans scrupule cette tribu en tentant de la chasser du territoire.

Dans une forêt amazonienne qui s'étiole à un rythme inquiétant, d'une part sous la pression d'agriculteurs soucieux d'agrandir leurs territoires par la déforestation et, d'autre part, sous la menace du dérèglement climatique, il existe encore des tribus indiennes quasiment vierges de tout contact avec notre civilisation.

De nouvelles photos aériennes des Moxihatetema, l'un des trois groupes du peuple Yanomami, prises en septembre 2016 viennent d'être publiées. Elles ont été réalisées dans le cadre de missions de surveillance des camps de garimpeiros. Ces chercheurs d'or illégaux (leur nombre est estimé à 5.000) occupent de larges portions de territoires à travers la réserve Yanomami (celle-ci s'étend sur 9,6 millions d'hectares au nord du Brésil) mais également au sud du Venezuela et représentent une grande menace pour les indigènes, à cause des maladies qu'ils peuvent leur transmettre et aussi en empoisonnant, sans aucun scrupule, les eaux des rivières au mercure. À cela, s'ajoute les risques élevés d'en venir aux armes et ceux de nouveaux massacres comme le massacre d'Haximu, en 1993, où 16 Yanomami furent tués et leur village brûlé.

Gros plan sur le village Moxihatetema qui n’avait pas été vu depuis plus d’un an. © Guilherme Gnipper Trevisan, Hutukara, Survival

Un peuple toujours en danger

La bonne nouvelle, a indiqué au Guardian Fiona Watson, de l'association Survival International, est que la tribu (environ 100 individus) qui n'avait pas été vue depuis plus d'un an semble s'être agrandie, comme le suggèrent les deux constructions qui se sont ajoutées dans la maloca, la structure circulaire.

La mauvaise nouvelle vient des coupes budgétaires drastiques récemment opérées par le gouvernement brésilien. Celui-ci a en effet décidé de réduire la somme allouée à la Fondation nationale indienne, la Funai (Fundação Nacional do Índio) de 37,7 % cette année. Une tendance qui devrait se poursuivre en 2017, à l'heure où le budget est voté, faisant craindre que les dirigeants brésiliens se désintéressent du sort des indigènes. Nul doute que cet abandon favorisera le retour des garimpeiros au cœur de la forêt.

« Je ne pense pas que le président [Michel Temer, NDLR] réalise les dangers auxquels nous sommes confrontés, a déclaré Davi Kopenawa Yanomami, de l'association Hutukara. Les Moxihatetema sont en danger. Et pas seulement eux. Il y a aussi tous les Yanomami de la région. Il y a de plus en plus de garimpeiros chaque année, s'inquiète-t-il. Ils ne respectent pas notre territoire. Le gouvernement doit faire plus pour les empêcher d'envahir notre terre ».

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Une autre tribu amazonienne « non contactée » et filmée

Article initial de Jean-Luc Goudet paru le 8 février 2011

À l'est du Brésil, une tribu inconnue a été repérée par avion dans la forêt amazonienne. Venue du Pérou, elle s'est éloignée vers l'est devant l'avance des bûcherons péruviens. Leurs images sont diffusées pour que leur existence ne puisse plus être niée.

On les qualifie de « non contactées ». Dans la forêt amazonienne, il existe encore, en effet, des tribus d’Indiens qui n'ont jamais eu de contact avec notre civilisation, en particulier à l'ouest du Brésil, près de la frontière péruvienne. On sait que ces peuples ont fait l'objet de massacres de la part de fermiers qui agrandissent leurs cultures au détriment de la forêt et de ses habitants. En témoigne l'histoire des Akuntsu, dont il ne reste plus que quelques représentants.

Cette semaine, la BBC 1 a diffusé des images filmées depuis un petit avion par une équipe de la Funai (Fundação Nacional do Índio), l'organisme brésilien chargé des affaires indiennes. L'organisation Survival montre sur son site un extrait du film, que nous présentons ici, ainsi que plusieurs photographies.


Les images filmées par José Carlos Meirelles (Funai) et montrant cette tribu isolée, près la rivière Envira, non loin de la frontière péruvienne. Les commentaires sont en anglais. Des sous-titres français sont présents sur la version diffusée sur le site de Survival France. © BBC, Funai, Survival

Pression sur le Pérou

Prises de loin, les images montrent des hommes et des femmes couverts de peinture rouge (les peintures corporelles constituent un art et un moyen de communication pour les Amérindiens, mais sont aussi un moyen d'éloigner les insectes). On remarque des racines de manioc, des papayes et des feuilles de bananiers.

Ils semblent en bonne santé et l'objectif est désormais... de les laisser vivre en paix. Aujourd'hui, les contacts ne sont en effet plus recherchés car ils se terminent en général très mal pour les tribus, parfois simplement à cause de virus qui leur sont transmis. D'ailleurs, les découvertes de nouvelles tribus ne sont pas toujours rendues publiques.

Un Indien, enduit de roucou, une peinture corporelle rouge, photographié au milieu d'une bananeraie. © Gleison Miranda/Funai/Survival (site Survival France)

Alors pourquoi médiatiser celle-ci ? Pour prouver que cette tribu existe bien, explique en substance la Funai. Ce groupe aurait en effet migré depuis le Pérou, où ils sont chassés par des bûcherons lancés dans des déforestations illégales. Or, le Pérou refusait jusque-là de reconnaître l'existence même de ces tribus.

Pour la Funai, c'est un exode de populations qui est en train de survenir. Selon Survival France, ces actions auraient déjà porté leurs fruits, le gouvernement péruvien vient d'annoncer qu'il se rapprochait de la Funai brésilienne pour enrayer la progression des bûcherons et protéger les Amérindiens vivant dans ces régions.

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