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Alcool : 49.000 morts chaque année à cause de la boisson en France

Durant l’année 2009, 49.000 décès sont directement imputables à l’alcool en France, en grande majorité chez les hommes. Des chiffres très élevés par rapport à nos voisins européens. Au pays du bon vin, aurait-on tendance à en boire trop ?

La France est réputée pour son bon vin, elle va désormais l'être pour le nombre de victimes que la consommation d'alcool implique. © Dobri, StockFreeImages.com La France est réputée pour son bon vin, elle va désormais l'être pour le nombre de victimes que la consommation d'alcool implique. © Dobri, StockFreeImages.com

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Selon un travail de l’Institut Gustave Roussy (IGR) à Villejuif, la consommation d’alcool a été responsable de 49.000 décès en 2009, en France. Avec 36.500 décès contre 12.500 chez les femmes, les hommes paient le plus lourd tribut à cette addiction.

Les Français de 15 ans et plus consomment en moyenne 27 grammes d’alcool pur par jour ! « Les Français boivent beaucoup trop », déplore Catherine Hill, épidémiologiste à l’IGR et auteure de ce travail publié dans l'European Journal of Public Health« Ils consomment près de trois verres par jour, chaque verre équivalant à 10 cl de vin à 12,5°, 25 cl de bière à 5° ou 3 cl d’alcool à 40° (whisky, pastis, gin, rhum). »

L’alcool plus meurtrier en proportion en France qu’au Danemark

Dans notre pays, l’alcool est responsable de 22 % des décès qui surviennent entre 15 et 34 ans, 18 % entre 35 et 64 ans et 7 % à partir de 65 ans. Sur les 49.000 morts recensées en 2009, 15.000 étaient liées à un cancer et 12.000 à une maladie cardiovasculaire en rapport avec l’alcool. À cela, il convient d’ajouter 8.000 morts par maladies digestives (cirrhoses) et autant de décès liés à des accidents ou des suicides. Sans oublier ceux qui sont provoqués par d’autres maladies, et notamment les troubles mentaux.

Un verre, ça va ; trop de verres, bonjour les dégâts. L'alcool a tué près de 50.000 Français en 2009. Que faut-il faire pour changer les choses ? © Ctacik, StockFreeImages.com
Un verre, ça va ; trop de verres, bonjour les dégâts. L'alcool a tué près de 50.000 Français en 2009. Que faut-il faire pour changer les choses ? © Ctacik, StockFreeImages.com

« Comparée aux autres pays européens, la France est en mauvaise position », explique Catherine Hill. La part des décès attribuables à l’alcool parmi les hommes (13 %) est ainsi bien supérieure en France à celle qui est observée dans d’autres pays comme la Suisse (5 %), l’Italie (3 %) et le Danemark (1 %). « En France, on croit que l’alcool est le problème d’une petite minorité. Or, ce n’est pas le cas si l’on regarde bien les chiffres, souligne la chercheuse. Selon une étude britannique, la consommation optimale est de 0,5 verre par jour, c’est dire si les Français sont loin du compte. »

Trop peu de traitements contre l’alcoolisme

Aujourd’hui, les médicaments permettant de traiter la dépendance à l’alcool sont peu nombreux. Différents traitements sont disponibles. Certains aident à éviter les rechutes (acamprosate, naltrexone), d’autres comme le disulfirame rendent la consommation d’alcool très désagréable. Le baclofène, qui n’a toujours pas reçu son autorisation de mise sur le marché (AMM) dans cette indication, fait actuellement l’objet de plusieurs études cliniques.

Face à ce désert thérapeutique, l'autorisation de mise sur le marché à l'échelle européenne d’un nouveau traitement, le nalméfène (Selincro), est ressentie comme une bonne nouvelle par les acteurs de la lutte contre la dépendance alcoolique. Ce modulateur des récepteurs aux opioïdes agit sur la structure cérébrale de récompense, laquelle se trouve dérégulée chez les personnes dépendantes. Il réduirait ainsi les effets délétères de l’alcool sur ce mécanisme de régulation, et diminuerait l’envie irrépressible de boire. Trait remarquable : il autoriserait des résultats intéressants dans le temps, et surtout une forme de « rééducation » du comportement face à l’alcool. Ainsi, la consommation des patients traités aurait diminué de près de 60 % après six mois de traitement. Un autre médicament est également dans sa dernière phase de tests : l’oxybate de sodium, ou Alcover.

Par ailleurs, signalons que les 53 États membres de la Région européenne de l’OMS ont adopté un plan d’action contre l’alcoolisme pour la période 2012-2020. Ce dernier vise à développer des politiques communes sur la réglementation du prix de l’alcool, la lutte contre l’alcool au volant et les restrictions en termes de marketing.


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