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Sexualité : les animaux ne manquent pas de pratiques !

Bien souvent, on résume la sexualité animale à la reproduction. Pourtant, l’Homme et les autres animaux s’adonnent à des pratiques diverses et variées qui montrent bien que l’acte sexuel n’est pas limité à la procréation : la masturbation, la fellation et la sodomie ne sont pas, en effet, seulement des pratiques inhérentes à l’humain.

Les bonobos sont bien connus pour gérer de nombreux aspects de leur vie sociale par le sexe. Ainsi, ils n'hésitent pas à se faire l'amour pour éviter de se faire la guerre. Ils le font d'ailleurs dans de nombreuses positions. © collisionality, Fotopédia, cc by nc nd 2.0 Les bonobos sont bien connus pour gérer de nombreux aspects de leur vie sociale par le sexe. Ainsi, ils n'hésitent pas à se faire l'amour pour éviter de se faire la guerre. Ils le font d'ailleurs dans de nombreuses positions. © collisionality, Fotopédia, cc by nc nd 2.0

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« S’il devait exister une norme dans l’activité sexuelle des animaux, ce serait la diversité des pratiques. » Cette phrase vient de Thierry Lodé, spécialiste français de la question. L’espèce humaine n’est pas ignorante en la matière. De bons conseils sont même donnés dans le célèbre Kâmasûtra, livre indien écrit entre le VIe et le VIIe siècle. De leur côté, si les animaux ne savent ni lire ni écrire, ils sont tout à fait capables de faire preuve d’imagination lors de ces moments privilégiés. D’ailleurs, ils ne s’en privent pas !

« Il ne faut pas confondre acte sexuel et copulation, reprend le chercheur. Il existe beaucoup d’autres pratiques dans le milieu naturel. » Ceux qui ont un chien mâle à la maison en savent quelque chose : il est parfois envahi par le désir de se masturber. Les primates en général, les kangourous, mais aussi les tortues ou les criquets ne se gênent pas non plus.

Après l’onanisme du criquet, la fellation de la chauve-souris

Malgré tout, le sexe, c’est mieux à deux. Or, on a tendance à penser que dans le règne animal, il se limite à un rapport génital entre mâle et femelle. C’est faux. La fellation se pratique aussi chez nos plus proches cousins. Mettons de côté les bonobos, connus pour leur libertinage. Les orangs-outans n’hésitent pas à goûter aux plaisirs du sexe oral. Plus éloignée de nous dans l’arbre phylogénétique, la chauve-souris s’y adonne aussi, ce qui a valu à ses découvreurs le prix Ig Nobel 2010 de biologie. Une belle consécration.


Comme le démontre cette vidéo, la chauve-souris Cynopterus sphinx pratique la fellation. Cela prolongerait l'accouplement et augmenterait les chances de fécondation. © Madbal, YouTube

La sodomie aussi se retrouve chez nos amis les bêtesChimpanzés, chiens, rats, taureaux… Elle a été observée chez de nombreuses espèces, et pas seulement lors de pratiques homosexuelles. Pourtant, elle n’a pas fait l’objet de vastes investigations de la part des scientifiques, qui ont sûrement encore beaucoup à découvrir sur la question.

Les pratiques sexuelles limitées par l’anatomie

Quand vient l’heure du rapport génital, l’espèce humaine n’a pas, là non plus, le monopole des positions. « Si le missionnaire est [la position] la plus utilisée chez l’Homme, gorilles ou orangs-outans aussi font l’amour en face-à-face, précise Thierry Lodé. Cette position a même été observée de manière exceptionnelle chez les chiens. Cependant, du fait de leur anatomie, elle est rendue très difficile. » Les contraintes anatomiques de la position du missionnaire expliqueraient pourquoi elle se retrouve surtout chez les grands singes hominoïdes.

Notre bipédie nous permet d’exprimer plus librement nos désirs et de diversifier davantage notre façon de faire, dans certaines limites, toutefois. « La sodomie est très peu pratiquée à la missionnaire chez l’espèce humaine, mais beaucoup plus généralement dans une position de levrette. Nous nous adaptons à la position et à la conformation de nos organes, nous aussi ! »

Autrement dit, la sexualité animale ne se donne pas d’autres limites que celles que le corps impose. Diverses, les pratiques ne sont pas toutes vouées à la reproduction : la preuve que le sexe n’a pas pour unique vocation la procréation. Il y a aussi, dans l’ensemble du règne animal, une dimension de plaisir.


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