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L’IA de la voiture autonome de Google reconnue comme un conducteur

Aux États-Unis, l’autorité en charge de la sécurité routière vient de reconnaître que le pilote automatique qui conduit les voitures autonomes de Google peut être considéré comme le chauffeur du véhicule. Une avancée légale cruciale qui pourrait accélérer la mise en circulation des Google Car en poussant à une redéfinition de ce qu’est une voiture.

L’objectif ultime de Google est de concevoir une voiture autonome dépourvue des commandes physiques habituelles (volant, pédales...). Le fait que l’ordinateur qui contrôle cette automobile soit reconnu comme conducteur représente une victoire importante pour Google et les autres constructeurs. © Martial Red, Shutterstock L’objectif ultime de Google est de concevoir une voiture autonome dépourvue des commandes physiques habituelles (volant, pédales...). Le fait que l’ordinateur qui contrôle cette automobile soit reconnu comme conducteur représente une victoire importante pour Google et les autres constructeurs. © Martial Red, Shutterstock

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L’avis que vient de rendre la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’autorité en charge de la sécurité routière aux États-Unis, marque une étape importante dans le développement des voitures autonomes. En réponse à une requête de Google, elle a admis que l’intelligence artificielle qui pilote sa voiture autonome peut être considérée comme un conducteur à part entière. Si de nombreux obstacles réglementaires doivent encore être levés, cette reconnaissance pourrait accélérer la mise en circulation de voitures totalement autonomes dépourvues de commandes physiques.

Comme toutes les autres autorités compétentes dans le monde, la NHTSA fixe le cadre réglementaire qui définit ce qu’est une voiture à travers les Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS). Ce document, qui recense toutes les obligations techniques auxquelles les constructeurs automobiles doivent se conformer, a été élaboré sur l’idée centrale qu’un humain est derrière le volant. Mais que se passe-t-il lorsque c’est un ordinateur qui décide de freiner, tourner, accélérer ?

C’est en résumé la question qu’a posée Chris Urmson, le patron du projet de voiture autonome de Google. Son objectif était de savoir de quelle manière la Google Car pourrait satisfaire aux règles FMVSS alors qu’elle est justement dépourvue des systèmes de contrôle classiques : un volant, des pédales d’accélérateur et de frein. Urmson proposait deux solutions : affranchir les voitures Google des règles FMVSS ou bien reconnaître le pilote automatique comme le conducteur.

Dans sa réponse, la NHTSA a choisi la seconde voie. « La NHTSA interprètera le mot "conducteur", dans le contexte de description du projet de voiture, comme se référant au système de conduite autonome et pas à l'un des occupants du véhicule », peut-on lire dans la réponse adressée à Google par le régulateur.

Google a commencé son exploration de la voiture autonome il y a plusieurs années en équipant des véhicules de série de système de conduite automatisés. En 2014, la firme californienne a dévoilé une voiture automatique entièrement conçue par ses ingénieurs. © Google
Google a commencé son exploration de la voiture autonome il y a plusieurs années en équipant des véhicules de série de système de conduite automatisés. En 2014, la firme californienne a dévoilé une voiture automatique entièrement conçue par ses ingénieurs. © Google

Les règles sont amenées à évoluer, mais il faudra du temps

Depuis mai 2015, la voiture Google est autorisée à circuler sur route ouverte aux abords du siège de l’entreprise. Mais pour obtenir le feu vert des autorités, il a fallu qu’elle soit équipée d’un volant et de pédales et qu’une personne titulaire d’un permis de conduire soit à son bord pour intervenir en cas de nécessité. Or, le géant californien aurait expliqué à la NHTSA que c’est le fait d’ajouter des contrôles manuels à une voiture autonome pour permettre au passager de reprendre la main qui constituerait le véritable danger.

L’avis de la NHTSA peut être interprété comme une victoire pour Google et plus globalement pour tous les concepteurs de voitures autonomes. Mais il ne fait pas loi. Pour le moment, les règles FMVSS s’appliquent toujours. Le régulateur a indiqué qu’il pourrait les remanier pour tenir compte des évolutions technologiques mais que ceci prendrait du temps. La définition de ce qu’est une voiture va certainement beaucoup évoluer dans les prochaines années. En attendant, la NHTSA a suggéré à Google de demander des exemptions à certaines règles existantes pour pouvoir poursuivre et amplifier ses essais sur route.


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