Expert Sciences

Nicolas Constans

Journaliste scientifique

Classé sous :physique , expérience , bulle
L'information n'est pas gratuite. Mais un texte publié sur Internet n'a pas d'étiquette. Il n’apparaît pas barré d'un bandeau avertissant si son auteur s'est contenté de répercuter une information lue ailleurs, ou s'il en a recoupé les informations, a restitué les questions qu'il aborde dans leur contexte, relativisant ou non leur nouveauté et l'a soigneusement travaillé pour qu'il soit facile à lire. Tout cela prend du temps. Mais depuis quelques années, l'économie des médias a changé. Les revenus publicitaires qui permettaient à la presse écrite de vivre il y a une dizaine d'années se tarissent, et ne se reportent que très partiellement sur les sites gratuits d'informations en ligne. Et encore ceux-ci doivent-ils démultiplier le nombre de pages de leurs sites, donc produire toujours plus de textes à moindre coût. Je pense qu'il faut avoir bien ça en tête quand on navigue sur Internet. Et saluer d'autant plus les chercheurs et les enseignants qui prennent de leur temps pour rédiger ces dossiers sur Futura-sciences. Parce qu'ils font cela sur leur temps de loisir, entre paquets de copies, encadrements, recherches de financement, et j'en passe. Mais on ne peut pas, je pense, se reposer uniquement sur eux pour obtenir de l'information de qualité. Il faut aussi aller l'acheter en kiosque, ou militer pour qu'ouvrent des sites bien conçus et raisonnablement payants — pour l'instant, le trop petit nombre de lecteurs susceptibles de s'y abonner, et la crainte de menacer la fragile économie de leurs ventes papier font hésiter les petites structures de la presse scientifique. Peut-être faut-il aussi que se développent l'usage des « liseuses » à l'encre électronique, des appareils qui permettent de lire confortablement des textes longs. Il y a des signes encourageants de ce point de vue. En tout cas, longue vie à Futura-sciences et à l'information scientifique en ligne.
Nicolas Constans, Journaliste scientifique

Biographie

Je suis né en 1975. Aujourd'hui, je suis journaliste scientifique indépendant. Depuis cinq ans, je suis chargé des actualités en archéologie du magazine scientifique La Recherche. Mais avant de me spécialiser en archéologie, je me suis intéressé à une toute autre discipline : la physique.

Entre 22 et 25 ans, j'ai en effet préparé une thèse à l'École polytechnique. Je travaillais sur une expérience qui se trouvait au Cern, le grand centre européen de physique des particules situé à la frontière franco-suisse. Nous étions une petite centaine de personnes, issue de divers pays − Italie, Portugal, Russie, etc. − à la faire fonctionner et en analyser les données. Pour résumer très vite, il s'agissait de faire entrer violemment en collision des atomes, de façon à libérer leurs constituants les plus élémentaires : les quarks.

Après avoir soutenu ma thèse, je suis tout de suite parti faire mon service militaire comme enseignant. C'est à ce moment-là que j'ai décidé de ne pas me présenter au concours du CNRS.  Après réflexion, j'avais compris que la vie du chercheur en physique des particules ne me convenait pas. Petit maillon dans de plus en plus vastes collaborations internationales, son temps me semblait un peu trop accaparé par les développements technologiques complexes des instruments de mesure. C'est souvent très intéressant, mais cela lui laisse finalement peu de loisirs pour son cœur de métier, questionner les lois de la nature.

Comme je suis très curieux et que j'aime écrire, je me suis tourné vers le journalisme scientifique. J'ai passé un master en 2002, à l'université Paris VII. En 2003, j'ai rencontré Luc Allemand , qui était alors rédacteur en chef adjoint du magazine La Recherche. Il m'a proposé de tenir une rubrique sur les phénomènes physiques présents dans la vie quotidienne, avec un chercheur, François Graner, qui travaillait alors à Grenoble. C'est ce que nous avons fait jusqu'en 2009, et a donné lieu à un livre paru chez Dunod. Parallèlement, je continue de travailler pour d'autres titres de presse.

Métier

Notre travail sur le livre :

Nous avons travaillé en tandem, un physicien (François Graner) et un journaliste (moi). François intervenait de deux façons. D'abord pour suggérer des idées. Il a une grande culture de ce genre de phénomènes. Il a écrit deux livres sur le sujet, destinés aux étudiants et aux enseignants. C'est aussi un spécialiste des mousses, cas typique des phénomènes que nous souhaitions illustrer : elles paraissent très banales, mais recèlent en fait de nombreuses questions très intéressantes, de la chimie aux mathématiques. François intervenait aussi pour valider et discuter l'explication que nous allions donner du phénomène. Et enfin, bien entendu, pour relire le texte.

Pour expliquer mon travail, le mieux est de donner un exemple. L'un des phénomènes que nous avons abordé est le « glouglou » qu'on entend lorsqu'on verse une bouteille d'eau. Je suis parti d'un article scientifique de chercheurs français. Ils expliquaient en détail le phénomène avec des équations. J'ai essayé de traduire leur idée générale en langage courant. En parallèle, j'ai aussi réfléchi à des petites observations et manipulations que le lecteur puisse faire pour bien comprendre. L'idée, c'est qu'il n'ait à utiliser que des choses immédiatement disponibles autour de lui. C'est une contrainte forte, car beaucoup des petites expériences que l'on peut lire dans ce genre de littérature sont souvent destinées au monde scolaire ou universitaire, et utilisent du matériel inaccessible au commun des mortels. Pour le glouglou, il n'y avait pas de difficultés, mais c'est loin d'être toujours le cas. Bon nombre d'expériences qui paraissent très simples sur le papier, se révèlent fichtrement délicates à mettre au point une fois dans sa cuisine... Il faut parfois imaginer des dispositifs curieux, comme de faire une vis d'Archimède avec une bouteille et un tuyau de machine à laver. Ou encore un bateau avec une coque faite d'un flacon de shampoing et une quille lestée de pièces de monnaie.

Ce que je fais aujourd'hui

Depuis cinq ans, je suis chargé des actualités en archéologie du magazine scientifique La Recherche. Une grande partie des articles consacrés à ce domaine sur Internet sont basés sur des découvertes très préliminaires ou même des communiqués de presse. Il est souvent difficile d'en apprécier la pertinence. C'est pourquoi nous nous concentrons sur les découvertes et les études qui sont considérés comme des avancées par les archéologues eux-mêmes.

Pour cela, j'effectue une veille. Elle consiste notamment à suivre les articles parus dans les principaux journaux universitaires qui traitent d'archéologie, de préhistoire, etc. Cela m'assure tout d'abord qu'ils ont été validés par la communauté des chercheurs. J'en présélectionne alors certains qui me paraissent intéressants. Ensuite je les soumets à des spécialistes. Si ces derniers estiment que certains de ces articles apportent une vraie nouveauté, alors j'en discute avec mes collègues de La Recherche. C'est important, car ils ont un regard extérieur à la discipline. Une fois les sujets choisis, je m'entretiens avec les auteurs de l'étude ou d'autres chercheurs. Puis je rédige. Dans cette partie du journal, les articles sont courts et destinés à être lus rapidement : les textes doivent donc être très clairs.

Vous pouvez me contacter et lire une grande partie des articles que j'ai rédigé dans ce domaine en vous rendant sur mon site .