Aux origines de Noël, il y a le solstice d'hiver… Ici, lever du Soleil en hiver. © Dmitry A. Mottl, Wikimedia Commons

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Aux origines de Noël, le solstice d'hiver…

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Depuis plus de quinze siècles, les chrétiens (catholiques et protestants) fêtent Noël le 25 décembre. Si les célébrations se déroulent à cette date, seulement quelques jours après le solstice d'hiver, ça n'est pas un hasard.

Chaque année, le 25 décembre, les chrétiens ont coutume de fêter la naissance de Jésus. Une fête de la nativité, du latin natalis, devenu nael en vieux-francique et, plus tard, « Noël » en français. Mais ni le jour ni même l'année exacte de la venue du Christ au monde ne sont connus. Pour certains, qui s'appuient sur les rares indices laissés dans la Bible, cela se situerait plutôt au printemps.

Les premiers chrétiens, qui s'intéressaient vraisemblablement moins à la naissance du messie qu'à sa mort et sa résurrection, ne s'en sont pas préoccupés dans un premier temps. En réalité, la fête de la Nativité ne fut instituée le 25 décembre qu'en l'an 354 de notre ère par le pape Liberius. Mais pourquoi ce dernier choisit-il cette date-là, au tout début de l'hiver ?

Les Saturnales, une fête en l'honneur du Soleil

Pour reprendre l'expression de l'historien John Steele Gordon, qui s'est intéressé à cette question, ce choix aurait été surtout un « coup marketing » de Liberius. Pourquoi ? Parce qu'après la mort de Constantin, premier empereur converti de l'Empire romain, la religion chrétienne, alors en pleine expansion, cherche à s'enraciner profondément. Pour cela, mieux vaut se fondre dans des traits culturels très populaires comme, au IVe siècle, les Saturnales (Saturnalia).

Cette grande fête d'origine agricole était en l'honneur de Sol Invictus (en français, « le Soleil invaincu »). Elle durait sept jours entiers, du 17 au 24 décembre, c'est-à-dire autour du solstice d'hiver. Sept jours d'ivresse, de festins, où tout le monde s'offrait des cadeaux, sans distinctions sociales, et décorait sa maison avec des végétaux qui restent verts toute l'année tels le pin, le chêne vert, etc.

Tableau d’Antoine-François Callet représentant des Romains réunis pendant les grandes fêtes des Saturnales. © RMN-Grand Palais (domaine de Compiègne), Franck Raux

Le solstice d'hiver et le retour de la lumière

Dans l'hémisphère nord, les jours ne cessent de se réduire jusqu'au 21 décembre et la lumière décline. L'astre solaire (sol) est blafard et ne chauffe plus beaucoup, il se lève de plus en plus vers le sud-est (pour se coucher quelques heures plus tard au sud-ouest). À midi, il est (désespérément) bas sur l'horizon... Les Romains, mais aussi d'autres cultures, craignaient à cette période sombre de l'année que le Soleil se meure, disparaisse et ne revienne jamais, laissant derrière lui ténèbres et désolation. C'est pourquoi le solstice de décembre, du latin solsticium qui veut dire littéralement « arrêt du Soleil » (statum, immobile), est un évènement majeur du calendrier.

Le choix du 25 décembre marque — notamment pour les cultures celtes, germaniques, romaines — le renouveau, la renaissance, le retour de la lumière. En effet, après quelques jours d'immobilité, le point de lever et de coucher du Soleil au-dessus de l'horizon se décale de nouveau vers le nord. Les jours grandissent et la lumière revient. Pour les Celtes, comme cela symbolisait la renaissance, des tombeaux de souverains, comme à Newgrange (vers 3.200 avant J.-C.), en Irlande, étaient construits de telle manière que l'entrée et la chambre funéraire au cœur de l'édifice étaient illuminées uniquement ces jours-ci, au lever du Soleil...

Pourquoi décore-t-on un sapin à Noël ?

Le sapin de Noël est une tradition qui puise ses racines dans l'Antiquité. Comme on l'a évoqué plus haut, les Romains décoraient l'intérieur de leurs maisons avec des branchages qui restent verts même en hiver car ils symbolisent la vie.

Le sapin comme nous le connaissons aujourd'hui fut introduit beaucoup plus tard. La plus ancienne trace écrite de vente de cet arbre à Noël a été retrouvée à Salestat, en Alsace, et date de 1521. Il semblerait que la coutume se soit répandue en particulier chez les protestants, sans doute pour se distinguer des crèches installées par les catholiques.

En France, le premier sapin de Noël décoré fut celui de Versailles, en 1738, voulu par l'épouse de Louis XV, Marie Leszczynska. À Paris, le premier érigé sera en 1837. Ce n'est qu'à partir des années 1960 que le phénomène prendra de l'ampleur, s'installant dans presque toutes les maisons d'Occident. Le plus souvent, ce rôle revient au sapin de Nordmann (plus de 6 millions de pieds vendus) qui, depuis plusieurs années, supplante l'épicéa qui perd ses aiguilles.

Le sapin de Noël symbolise traditionnellement l'arbre de la vie, l'arbre du Paradis. Les chrétiens ont donc pris soin d'accrocher aux branches... des pommes, qui deviendront plus tard les très décoratives boules de Noël.