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Nanosciences et nanotechnologies en Europe

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La Commission européenne vient de proposer un plan d'action pour les nanosciences et les nanotechnologies (N&N), qui établit clairement ce que la Commission et les Etats membres doivent faire pour que l'Europe reste un acteur de premier plan dans ce domaine.

Nanosciences et nanotechnologies en Europe

Les actions portent notamment sur les investissements dans les N&N, le renforcement des infrastructures, la formation d'experts interdisciplinaires, la commercialisation, le dialogue avec la société, les préoccupations en matière de santé, de sécurité et d'environnement, et la coopération internationale.

"L'Europe doit investir dans la connaissance si elle veut rester un acteur compétitif de l'économie mondiale", a déclaré le Commissaire UE en charge de la Science et de la Recherche, Janez Potocnik. "La nanotechnologie est un domaine clé où l'Europe occupe une position de tête, et nous devons consolider cette position. La nanotechnologie représente un potentiel énorme pour l'industrie européenne et pour la société en général, de sorte que la recherche dans ce domaine doit bénéficier d'une stratégie claire et d'une action décisive. Dans le même temps, nous devons prendre en compte tout risque éventuel en matière de santé, de sécurité et d'environnement et y réagir dès que possible".

Le potentiel auquel se réfère M. Potocnik pourrait se chiffrer à des centaines de milliards d'euros pour la décennie en cours, selon des analystes. La Commission tient donc à s'assurer que l'Europe ne reproduise pas le "paradoxe européen", qui a vu le continent perdre sa position de leader dans d'autres domaines technologiques dès lors que les résultats de la recherche ne se traduisaient pas en produits.

Pour sa part, afin d'assurer un financement approprié au niveau européen, la Commission s'engage à renforcer la place des N&N dans le Septième programme-cadre (7e PC), à prévoir un soutien spécifique pour la nanoélectronique au titre de la section Technologies de la société de l'information (TSI) du 7e PC, et à accroître le financement de la recherche sur les impacts potentiels des N&N. La Commission continuera également à promouvoir le développement de plateformes technologiques chargées d'élaborer et de mettre en oeuvre un agenda stratégique de la recherche.

Il est demandé aux États membres d'augmenter le financement public des activités de recherche et développement (R&D), d'assurer la coordination de programmes de R&D et de sensibiliser les universités, les organisations de R&D et l'industrie aux N&N et aux opportunités de financement.

Afin de consolider les infrastructures et de créer des pôles d'excellence, la Commission va dans un premier temps dresser la carte des infrastructures existantes de N&N, pour ensuite étudier les façons de maximiser leur impact par l'échange de meilleures pratiques. Une attention particulière sera accordée aux besoins de l'industrie, et notamment des petites et moyennes entreprises (PME), selon la Commission.

Pour leur part, les États membres sont invités à "décider de et à lancer la construction de nouvelles infrastructures (ou la revalorisation substantielle d'infrastructures existantes) ou de 'pôles d'excellence' sur la base de feuilles de route des besoins futurs, dans le secteur des nanobiotechnologies notamment". Le financement devrait englober les fonds privés et publics et se baser sur les articles 169 et 171 du Traité CE, les fonds structurels et la Banque européenne d'investissement (BEI), peut-on lire dans le plan d'action.

Pour ce qui est des ressources humaines, la Commission s'engage à promouvoir la création d'un prix européen interdisciplinaire pour les N&N, et à étudier la possibilité de créer une action Marie Curie dédiée aux N&N. L'innovation industrielle bénéficiera de la mise en place d'un système de contrôle des brevets de N&N.

Pour la Commission, il importe de tenir compte des préoccupations concernant l'impact potentiel des N&N sur la santé et l'environnement. Les recherches sur les effets secondaires potentiels doivent elles aussi être prioritaires, et un dialogue permanent avec le grand public devrait permettre de rencontrer tant les attentes que les préoccupations. A cet effet, il est prévu de financer des contrôles éthiques, des études de soutien et des activités de prévision.

En conclusion de sa proposition, la Commission souligne qu'une stratégie intégrée ne peut être mise en oeuvre sur un mode linéaire mais requiert une action cohérente et coordonnée. Un point focal de coordination de la stratégie sera dès lors créé au niveau UE.