Transfert d'une Ariane 5 sur son pas de tir (ELA-3) du Centre spatial Guyanais. © Esa, S. Corvaja

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Après la grève en Guyane, Arianespace va reprendre les lancements

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La grève en Guyane qui a paralysée les trois lanceurs d'Arianespace s'est achevée ce week-end. Elle lui aura coûté jusqu'à 500.000 euros par jour. Cependant la société n'a pas perdu de clients ni de contrats de lancement. Dans quelques jours, les trois campagnes de lancement suspendues vont reprendre avec un premier tir prévu avant la mi-mai.

Après plus d'un mois d'une grève générale et de barrages érigés dans les villes guyanaises et sur les axes majeurs du territoire, l'État, les élus et le collectif Pou la Gwiyann Dékolé, qui a coordonné ce mouvement social, ont signé l'Accord de Guyane de quelque 3,2 milliards d'euros. Futura-Sciences n'ayant pas vocation à traiter des questions politiques, nous allons plutôt nous réjouir de la reprise de l'activité au Centre spatial Guyanais. Il faut savoir que depuis la mi-mars, le conflit avait empêché toute activité de lancement contraignant Arianespace a reporté trois lancements (deux Ariane 5 et une Soyouz) pour le compte de cinq clients.

Une situation qui avait poussé son PDG, Stéphane Israel, à sortir de sa réserve et alerter que la situation devenait critique pour Arianespace, avec notamment une perte quotidienne de quelque 500.000 euros et de possibles conséquences sur le plan commercial en raison d'un marché à très forte concurrence. Cette sortie de crise va permettre à la société et aux équipes du CSG de reprendre les campagnes de lancement suspendues et de tenir les objectifs de début d'année qui prévoyait 12 lancements en 2017.

Le retour en vol des lanceurs se prépare 

En effet, et c'est ce qui va très certainement limité l'impact financier sur les comptes d'Arianespace, dans la mesure ou aucun lancement n'était prévu en mai, la société européenne prévoit de compenser les retards accumulés sans impact sur le reste de son manifeste de lancement. Après la reprise des opérations, il faudra environ huit jours ouvrables pour mener à bien le lancement des satellites SGDC et Koreasat-7, initialement prévus le 21 mars avec une Ariane 5. Suivront les lancements du satellite SES-15 avec un Soyouz et des satellites Eutelsat 172B et Viasat 2 avec de nouveau une Ariane 5.

Depuis le début de l'année, Arianespace a déjà réalisé trois lancements sur les 12 tirs prévus. Le premier par un Soyouz en janvier, suivi d'une Ariane 5 ECA en février et d'un Vega en mars. D'ici la fin de l'année, il reste à lancer six autres Ariane 5, dont une ES, deux Vega et un Soyouz. Par ailleurs, le carnet de commandes d'Arianespace compte 53 lancements à accomplir avec 20 Ariane 5, 26 Soyouz et 7 Vega. Ce mois de conflit social n'a pas entraîné de départs des clients.