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Planètes en formation dans l'amas des Pléiades

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Le spectaculaire amas des Pléiades renferme lui aussi des planètes en formation, du moins autour d'une de ses étoiles, affirme une équipe d'astronomes conduite par Joseph Rhee, de l'université de Californie.

L'amas des Pleiades observé par le télescope spatial Hubble. Crédit Nasa.

De tout temps, cet amas stellaire situé à seulement 400 années-lumière de la Terre a frappé les imaginations. Aussi dénommé Les Sept Sœurs en raison des sept étoiles les plus brillantes qui le composent, il en contient toutefois plus de 1.400. L'une d'elles, enregistrée sous l'appellation HD 23514, d'une masse et d'une luminosité propre légèrement supérieures à celles de notre Soleil, a récemment intrigué les astronomes par la présence d'un disque de poussières chaudes détecté au moyen du Spitzer Space Telescope de la Nasa.

Benjamin Zuckerman, professeur de physique et d'astronomie à l'Ucla (Université de Californie, Los Angeles), note à ce sujet que l'on détecte autour de HD 23514 plusieurs centaines de milliers de fois plus de poussières qu'autour de notre Soleil.

Les astronomes ont analysé la composition et les caractéristiques de ces particules au moyen du Gemini Observatory à Hawaii. Selon eux,  l'explication la plus plausible est que ce nuage poussiéreux résulte de collisions violentes entre des planètes ou des embryons planétaires.

Inseok Song, membre de l'équipe scientifique du Spitzer Science Center du Caltech (California Institute of Technology), détaille cette hypothèse et mentionne que les planètes se forment d'abord sous l'aspect de conglomérats de poussières et débris divers, qui s'agrègent en petits astéroïdes ou planétoïdes, puis se regroupent en masses compactes pour former les embryons planétaires. « Durant cette série de transformations, certains corps se heurtent et fusionnent, alors que d'autres se fractionnent ou se désagrègent sous le choc. Ce sont ces résidus que nous voyons » précise-t-il en substance.

HD 23514 est la deuxième étoile autour de laquelle Inseok Song a détecté un tel anneau de poussière. BD +20307, située à 300 années-lumière dans la constellation du Taureau, possède aussi un tel ornement, d'une densité un million de fois supérieure à ce que l'on trouve autour de notre Soleil...

Les Pléiades, un camp d'ados

Alors que notre Soleil accuse un âge vénérable d'environ 4,5 milliards d'années, les étoiles composant les Pléiades n'ont que de 100 à 400 millions d'années, explique Joseph Rhee, de l'université de Californie. En se basant sur le degré d'évolution des deux étoiles ainsi que sur la dynamique orbitale des particules de poussière qui les entourent, les astronomes estiment que la plupart des étoiles de type solaire peuvent reproduire le processus qui a abouti à notre propre système.

Les deux disques de poussière étudiés n'aient pu être détectés qu'en raison de leur extrême densité, largement supérieure à celui qui entoure notre propre Soleil (à peine perceptible sous la forme de la lumière zodiacale). Mais, Benjamin Zuckerman, « nos observations indiquent que les planètes de type terrestre semblables à celles qui existent dans notre Système solaire sont probablement tout à fait communes ».

Cette étude est à paraître prochainement dans Astrophysical Journal.