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L'Année mondiale de l'astronomie est terminée, mais tout n'est pas fini

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A Paris, le 19 janvier, les responsables de l'AMA 09 ont dressé un bilan de cette Année mondiale, qui vient officiellement de se terminer, pour laisser la place à celle de la biodiversité. Les excellentes retombées incitent les organisateurs à poursuivre durablement plusieurs projets.

Photo de famille des porteurs de projets pour l'AMA 09 sur le parvis de l'Institut d'Astrophysique de Paris. © Jean-Baptiste Feldmann

L'AMA 09 vient de prendre fin définitivement. Après la cérémonie de clôture internationale qui s'est déroulée à Padoue (Italie) les 9 et 10 janvier, l'Institut d'Astrophysique de Paris a accueilli le 19 janvier les principaux acteurs et porteurs de projets français pour faire le bilan des actions menées en 2009 et envisager d'en pérenniser certaines.

Il y a un an, les 15 et 16 janvier 2009, l'Unesco ouvrait officiellement l'Année mondiale de l'astronomie, 400 ans après la première observation de Galilée. Pendant 12 mois, des milliers de bénévoles, astronomes amateurs ou professionnels, se sont mobilisés dans 148 pays pour faire découvrir le ciel au plus grand nombre.

Plus de 120 porteurs de projets ont participé à la journée de clôture de l'AMA 09 à l'Institut d'Astrophysique de Paris. © Jean-Baptiste Feldmann

En France, le comité de pilotage de l'AMA 09, composé de vingt bénévoles et présidé par l'astrophysicienne Anny-Chantal Levasseur-Regourd, avait choisi de privilégier quelques-unes des 12 pierres angulaires internationales :

  • Les 100 heures de l'astronomie, qui se sont déroulées début avril sur une cinquantaine de sites, et qui ont accueilli plus de 70.000 personnes. C'est à Toulouse, avec Ciel en fête, que les records d'affluence ont été battus, faisant de la place du Capitole le deuxième site mondial après la Chine. Ce fut d'ailleurs l'une des constantes de cette AMA 09 : les animations au cœur des villes ont rencontré un énorme succès.
  • Le galiléoscope, une petite lunette astronomique à monter soi-même pour 25 euros.
  • Elle est astronome, un site Internet destiné à promouvoir l'astronomie au féminin.
  • Une campagne de sensibilisation pour la préservation du ciel nocturne, avec la création d'une réserve autour de l'Observatoire du Pic du Midi ainsi que la première édition du Jour de la nuit en octobre.
  • Les Nuits galiléennes en octobre, pour découvrir les changements survenus dans le ciel six mois après les 100 heures et reproduire les observations de Galilée concernant les satellites de Jupiter.
  • De nombreuses actions de sensibilisation à l'astronomie dans les zones défavorisées.
L'astrophysicienne spécialiste des comètes Anny-Chantal Levasseur-Regourd, présidente de l'AMA en France, a ouvert les débats. © Jean-Baptiste Feldmann

Le faible niveau de la culture scientifique en France pointé du doigt

L'AMA en France s'est aussi concrétisée par 300 projets labellisés. On peut citer des séances de planétarium aux observations adaptées au public empêché (les handicapés), en passant par la fête du Soleil ou les expositions de photographies géantes dans le métro parisien, autant de manifestations qu'ont résumées les nombreux intervenants qui se sont succédé à la tribune de l'amphithéâtre de l'IAP.

Les participants, amateurs ou professionnels venus de toute la France, avaient apporté des affiches présentant les actions qu'ils avaient menées au cours de l'AMA 09. © Jean-Baptiste Feldmann

Chacun s'est félicité du succès de cette AMA, grâce notamment à la synergie entre astronomes professionnels et amateurs et à l'implication des médias (au passage, rappelons la création du blog de l'astronomie de Futura-Sciences...). L'AMA 09 a également été l'occasion de mettre le doigt sur des problèmes réels comme le faible niveau de la culture scientifique en France.

S'appuyant sur des recommandations émises dans un rapport du Sénat réalisé en 2002, les chercheurs Pierre Léna et Pierre Encrenaz ont suggéré de développer diverses actions comme l'observation et l'expérimentation, les échanges entre enseignants, scientifiques et journalistes, ou encore la diffusion de la culture par les chercheurs (notion qui sera désormais prise en compte dans le déroulement de leur carrière).

L'ouverture des jeunes à la science, une préoccupation qui a fait l'objet d'une table ronde. © Jean-Baptiste Feldmann

L'accueil des publics empêchés reste aussi un point faible. S'il y a bien eu pendant cette AMA quelques actions spécifiques (publication d'un livre d'astronomie en braille et traduction de certaines conférences en langue des signes) il y a encore fort à faire, comme par exemple l'amélioration de l'accès aux sites d'observations.

Une présentation remarquée, celle du projet La science n'est pas un handicap par Jean-François Soulier (à gauche), intervention traduite en langue des signes. © Jean-Baptiste Feldmann

Les participants à cette journée de clôture sont repartis en espérant que l'AMA n'aura été que le prélude à un véritable développement de la culture scientifique, pour que chacun apprenne à observer, s'émerveiller et s'interroger face à la science en général et à l'astronomie en particulier.