Argos mise sur l'Internet des objets connectés. Dans le domaine de l'agriculture, les satellites d'observation de la Terre sont utilisés pour une très grande variété d’applications et de services de précision, comme la surveillance des cultures, le contrôle des surfaces et de l'occupation des sols, l'irrigation et la gestion des cultures en engrais et produits phytosanitaires. © Copernicus Sentinel Data

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Argos mise sur l'Internet des objets connectés

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Grâce au spatial, le Cnes et sa filiale CLS (les fameuses balises Argos) font le pari, avec Argos for Next Generations, de connecter toute la planète, les zones urbanisées comme les régions les plus désertiques ainsi qu'au-dessus des océans, car ils misent sur l'Internet des objets connectés. Jean Muller, responsable des applications de localisation et de collecte de données à CLS, répond à nos questions.

  • Aujourd'hui, les balises Argos sont notamment utilisées pour le suivi des animaux.
  • Demain, les futurs satellites Argos serviront aussi à transporter et relayer les données des objets connectés. Une constellation mondiale de 10 à 20 petits satellites est à l'étude.
  • Le Cnes, qui a inventé Argos il y a trente ans et l’a fait évoluer jusqu’à sa quatrième génération, participera à la définition d'Argos for Next Generations.

À l'ère du New Space, l'heure est à la révolution IoT (Internet of Things, en anglais, qui signifie Internet des objets). À l'horizon 2020, le « nombre d'objets connectés dans le monde dépassera les 30 milliards, selon une étude publiée par Cisco », nous explique Jean Muller, responsable des applications de localisation et de collecte de données à CLS (Collecte Localisation Satellites), opérateur du système Argos. Un boom sans précédent, aux répercussions attendues dans de nombreux secteurs d'activité.

Sauf qu'aujourd'hui « 90 % de la surface du globe est non connectée », un frein au développement de cette nouvelle économie mais une opportunité inédite pour le système Argos, un des « premiers systèmes par satellite de localisation et de collecte de données, à l'échelle du Globe, exploités à des fins scientifiques et environnementales ».

Certes, pour de nombreuses applications IoT, « le satellite n'est, bien sûr, pas la solution de référence » : les réseaux de télécommunications terrestres feront très bien l'affaire. En revanche, pour d'autres, il sera nécessaire d'avoir « une couverture mondiale que seul le satellite peut apporter ». C'est notamment vrai pour la « surveillance de l'environnement, le suivi des avions et des navires ou le suivi de flux logistiques tout au long de la chaîne par exemple ». Quant aux mers et à leur survol ou pour les vastes étendues continentales presque désertiques, le « satellite reste la seule solution de connectivité envisageable ».

Pour répondre à ce besoin de connectivité globale, l'opérateur du système Argos travaille sur Argos for Next Generations, la « constellation de satellites qui pourrait succéder à celle en place à l'horizon 2022 ». Face à une concurrence qui peine à se structurer en matière d'IoT spatial (les initiatives sur le papier foisonnent), Argos dispose d'atouts essentiels : « Des balises miniaturisées et autonomes, une capacité propre à se localiser de façon indépendante du GPS et, surtout, une bande de fréquences dédiée qui se distingue des autres bandes, beaucoup plus bruitées, donc moins performantes ».

Aujourd'hui, les balises Argos sont notamment utilisées pour le suivi des animaux. Demain, elles pourraient également être utilisées pour transporter et relayer les données des objets connectés. © John A. Nagy, GNWT

Améliorer le temps de revisite pour répondre aux besoins de l'IoT

Au terme d'une étude technico-économique « qui [...] permettra d'identifier la meilleure solution (offre) satellitaire en termes de retour sur investissement et de réponses aux besoins IoT », d'ici à juin 2018, CLS doit rendre publique l'architecture de cette constellation qui pourrait osciller « entre 10 et 20 micro- ou nanosatellites ». Cette future constellation sera très vraisemblablement située en orbite basse, comme l'actuelle constellation Argos, « c'est-à-dire à 800 kilomètres d'altitude avec une fauchée au sol pour chacun des 12 satellites en service de quelque 5.000 kilomètres ». 

L'idée d'Argos for Next Generations est « notamment d'améliorer le temps de revisite que l'on a avec Argos, d'une heure en moyenne ». Aujourd'hui, le nombre de passages quotidiens au-dessus d'une balise Argos dépend de la latitude de celle-ci. Ainsi, aux pôles, « les satellites voient les plateformes à chaque passage, soit 14 fois par jour par satellite », avec une durée de visibilité d'une « dizaine de minutes en moyenne ». Pour répondre aux besoins de l'IoT, ces temps de revisite sont « parfois trop longs pour le business modele de l'Internet des objets ». S'ils satisfont les besoins des services Argos historiques, « comme le suivi des animaux et la surveillance de l'environnement », demain, il sera nécessaire « d'améliorer ce temps de revisite d'un facteur deux, voire trois, sans nécessairement aller vers du temps réel ». 

Pour y parvenir, plusieurs options de constellations sont à l'étude, dont une appelée « CLS Révolution » qui « fournirait un service avec un temps de revisite inférieur à 10 minutes à l'échelle de la planète ». Autre option technologique pour y parvenir : « Relayer vers un satellite géostationnaire des données qui permettraient de fournir un service proche du temps réel ».

Les balises Argos révèlent les secrets de la faune sauvage  Chaque jour un million de messages sont transmis grâce aux balises Argos déployées sur la terre, la glace ou en mer. En plus de 30 ans d’existence, ce système a permis de collecter énormément d’informations sur la faune, les habitudes des espèces mais aussi sur l’évolution de notre Planète. Découvrez en vidéo grâce au Cnes et au CLS ce système étonnant.