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Un vaccin anti-cancer en utilisant des bactéries

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Un vaccin anti-cancer en utilisant des bactéries

Le papillomavirus humain de type 16 (HPV-16) est un des virus impliqués dans 70% des cancers du col de l'utérus. Des chercheurs de l'INRA de Jouy-en-Josas ont développé des souches de bactéries lactiques exprimant des protéines (l'antigène E7 du HPV-16 et l'interleukine 12) impliquées dans l'infection virale, en vue d'évaluer leur efficacité en tant que vaccins et traitements chez des souris modèles. Ils ont administré par voie intranasale cette association de bactéries lactiques à des souris pour la tester sur les plans préventif et curatif. Résultats : 50% des souris vaccinées sont protégées et ne développent pas de tumeurs cancéreuses ; et 35% des souris présentant des tumeurs sont guéries après traitement.

Les papillomavirus humains (HPV) infectent près de 100 millions de femmes dans le monde, dont 5 millions risquent de développer des infections chroniques, pouvant évoluer vers un cancer du col de l'utérus. Les stratégies actuelles pour prévenir ou traiter l'infection par ce virus sont prometteuses mais coûteuses. Des premiers résultats probants d'essai clinique d'un vaccin ont été récemment publiés.

Les souches de bactéries mises au point

Les chercheurs de l'INRA ont développé deux souches de la bactérie modèle Lactococcus lactis : la première produit la protéine E7, un antigène du HPV-16, et la seconde produit l'interleukine 12, une molécule stimulatrice de la réponse immunitaire cellulaire lors d'infections. L'interleukine 12 est également capable de bloquer l'angiogenèse in vivo, c'est-à-dire le phénomène de vascularisation des tissus, notamment observé dans les développements de tumeurs. Les chercheurs ont testé in vivo les effets de l'administration associée de ces bactéries chez des souris modèles développant des tumeurs cancéreuses induites par le HPV-16.

La vaccination à titre préventif : 50% des souris vaccinées sont protégées à long terme

Un lot de souris a reçu l'association des deux souches de bactéries lactiques par voie intranasale. Après injection des cellules cancéreuses, les chercheurs observent l'absence du développement des tumeurs chez 50% des souris et une diminution du volume des tumeurs chez les autres.

La vaccination à titre curatif : 35% des souris traitées sont guéries

Les souches de bactéries lactiques ont été administrées à des souris chez lesquelles le développement de tumeurs cancéreuses a été provoqué. Les chercheurs observent la disparition de ces tumeurs chez 35% des souris traitées et l'augmentation de la survie des autres.

Une étape vers de nouveaux vaccins

La nouvelle approche développée par les chercheurs de l'INRA basée sur l'administration intranasale de bactéries lactiques recombinantes constitue une étape vers des vaccins préventifs et curatifs, peu coûteux à produire et faciles à administrer à grande échelle. C'est une alternative attractive aux vaccinations classiques, en raison notamment de la réduction des effets secondaires et du mode d'administration ne nécessitant pas de personnel qualifié.