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Journée mondiale de l'océan : dix chiffres étonnants à connaître

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Par Jean-Luc Goudet, Futura

L'océan nous a fait naître, nous permet de respirer, nous fournit de la nourriture et récupère nos déchets. Il mérite largement une journée mondiale, qui est l'occasion de mieux le connaître. Voici dix chiffres à retenir, pour mieux le comprendre, et ne pas oublier ce que nous lui devons.

Christophe Bailhache en pleine prise de vue sur le récif corallien de l'île Glover, dans les Cayes du Belize, un archipel de la mer des Caraïbes. Son drôle d'appareil photographique permet de réaliser un outil de promenade virtuelle à la manière d'un Street View. Le programme XL Catlin Seaview Survey (initialement Catlin Seaview Survey), lancé en 2012, étudie les récifs coralliens de la planète. Celui-ci, au Belize, est l’un des plus grands du monde, après celui de la Grande Barrière de corail, en Australie. © Richard Vevers, Catlin Seaview Survey

1,37 milliard de kilomètres cubes d'eau

L'essentiel de l'eau que la Terre porte en surface est rassemblée dans l'océan mondial. En comparaison avec la taille de notre planète, ce volume, impressionnant pour les petits animaux que nous sommes, reste faible. En masse, l'océan mondial ne représente qu'environ 0,025 % de la planète. Même si elle en abrite sans doute autant dans les profondeurs de son manteau, la Terre reste une planète sèche.

70 % de l'oxygène que nous respirons

La plus grande part de l'oxygène que nous respirons (70 %) vient de l'océan, où il est produit par les organismes unicellulaires du phytoplancton, pour l'essentiel, et par les autres algues, petites ou grandes. Le reste vient des végétaux terrestres. Le chiffre, en fait, est mal connu, surtout les contributions respectives des différents organismes photosynthétiques. Des études sont menées aujourd'hui pour tenter de prédire comment cette production pourrait changer avec le réchauffement des couches superficielles de l'océan.

2,2 milliards de tonnes par an de CO2 absorbé

Entre 1992 et 2009, la quantité de gaz carbonique (CO2) que l'océan a absorbée était de 2,2 milliards de tonnes par an, selon les études internationales qui alimentent la base de données Socat (Surface ocean CO2 atlas).

L'entreprise japonais Shimizu a étudié la possibilité de faire vivre une communauté humaine en pleine mer. Son projet Ocean Spiral prévoit une sphère de 500 m de diamètre, constituée d'une trame de béton et de panneaux transparents, qui abrite des appartements, des hôtels, des bureaux et des laboratoires. Affleurant en surface, elle est ancrée au fond, entre 1.500 et 4.000 m, par l'intermédiaire d'une rampe hélicoïdale, maintenue par des câbles. D'énormes ballasts permettent de la faire émerger davantage, pour la maintenance, ou, à l'inverse, de l'enfoncer complètement sous la surface lorsqu'un cyclone est prévu. © Shimizu

90 % des zones habitables de notre planète

Les neuf dixièmes des zones habitables de la Terre se trouvent dans l'océan à plus de 200 m sous la surface. Pourtant, ces écosystèmes profonds sont très mal connus. On en ignore encore largement la diversité des espèces, le fonctionnement écologique et les interactions avec les eaux superficielles. Il est donc difficile d'évaluer l'impact de la pêche profonde et des projets d'exploitation minière des grands fonds.

« Nous n'avons qu'une vision très parcellaire de la sensibilité de ces communautés d'organismes aux changements environnementaux, expliquait récemment Nadine Le Bris, chercheuse en écologie marine à Banyuls-sur-Mer, à l'occasion d'une étude sur les fonds marins publiée dans ScienceOr, les réponses qu'ils seront en mesure de fournir pour y faire face risquent d'entraîner toute une cascade d'effets sur des écosystèmes océaniques interconnectés ».

274.000 d'espèces vivantes recensées

Le nombre d’espèces vivantes recensées, hors bactéries et archées, est, à coup sûr... faux. Comme l'a montré le programme Census of Marine Life, qui s'est intéressé aux grandes profondeurs, les organismes marins nous sont encore très largement inconnus. La diversité des nématodes, des vers ronds présents dans tous les milieux, à commencer par l'océan, défie par exemple toujours les zoologistes.

Mille milliards d'espèces vivantes estimées

En se basant sur les études actuelles de la biodiversité, terrestre et marine, notamment celle de l'expédition Tara Oceans, pour les plantes, les animaux et les micro-organismes, des biologistes américains estiment le nombre d’espèces vivant sur la Terre à 1012, c'est-à-dire mille milliards. L'essentiel est constitué de bactéries et beaucoup d'entre elles sont océaniques. Nous n'en connaissons qu'une infime partie.

Représentant moins de 0,1 % de la surface des océans, les récifs coralliens abritent environ un quart des espèces marines. © Jim Maragos, U.S. Fish and Wildlife Service

269.000 tonnes de plastique flottant

L'estimation, réalisée en 2014, des morceaux de plastique flottant sur la surface de la mer, aboutissait à ce chiffre. Mais ce n'est que la pointe émergée de l'iceberg car on sait que ces déchets se fragmentent et se répandent ensuite sous forme de petites particules.

150 millions de tonnes de déchets plastique

La quantité de déchets plastique aujourd'hui présente dans l'océan est de 150 millions de tonnes, selon un rapport (The New Plastics Economy) réalisé par la fondation Ellen McArthur et le cabinet McKinsey et présenté au dernier forum de Davos. Au rythme actuel, cette quantité devrait atteindre 750 millions de tonnes en 2050, soit la masse estimée de poissons de toutes les mers du monde.

Trois milliards de personnes vivent de la pêche

Selon le WWF, la source principale de protéines pour trois milliards de personnes est la pêche. Cette activité ferait vivre, avec l'aquaculture, 10 à 12 % de la population mondiale.

2,8 % de l'océan est protégé

La superficie des aires protégées de l’océan est de 2,8 % et devrait atteindre 10 % en 2020. C'est l'engagement pris par un grand nombre de pays en 2010. Depuis cet accord, l'augmentation est réelle mais la surface actuelle ne représente encore que moins de 3 % de celle de l'océan mondial.

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