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En vidéo : une baleine franche du Pacifique Nord enfin observée !

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Par Delphine Bossy, Futura

Une baleine franche du Pacifique Nord a été vue au large des côtes canadiennes. Cette espèce n'avait pas été observée depuis 60 ans, et figure parmi les animaux les plus menacés d'extinction dans le monde.

Au sein du genre Eubalaena, trois espèces différentes se côtoient : la baleine franche du Pacifique Nord (Eubalaena japonica), la baleine franche de l'Atlantique Nord (Eubalaena glacialis) et la baleine franche australe (Eubalaena australis, à l’image). Les deux espèces de l'hémisphère Nord ont été chassées au XIXe siècle et sont actuellement menacées d'extinction. © plb06, Flickr, cc by nc sa 2.0

Au XIXe siècle, la baleine franche du Pacifique Nord (Eubalaena japonica) était la baleine la plus chassée dans l'hémisphère Nord. Durant cette période, les baleiniers pouvaient en tuer plus de 30.000 en une décennie. L'espèce est protégée depuis 1935, mais les Russes ont continué à la pêcher jusque dans les années 1950. John Ford, chef du Programme de recherche sur les cétacés de la Station de biologie du Pacifique de Pêches et Océans Canada, estime qu'aujourd'hui entre 38 et 50 individus seulement survivent dans l'est du Pacifique. Dans le monde, on estime que la population ne dépasse pas les 300 individus.

En juin, des chercheurs de Pêches et Océans Canada (MPO) ont repéré une baleine franche du Pacifique Nord au large des côtes de la Colombie-Britannique. C'est l'une des baleines les plus rares et les plus menacées de la planète. Le dernier individu vu en Colombie-Britannique en 1951 avait été tué par les baleiniers. © Raincoast Conservation Foundation, YouTube

La dernière observation de baleine franche du Pacifique Nord dans les eaux canadiennes remonte à 1951, voilà plus de 60 ans. Depuis le début de sa carrière, John Ford espérait rencontrer un représentant de cette espèce, événement qui s'est enfin produit le 13 juin dernier. « Nous ne pensions vraiment pas que nous pourrions en apercevoir une un jour. Elles sont en danger d'extinction et sont extrêmement rares », confie John Ford au quotidien canadien The Province.

Cette espèce était notamment convoitée pour ses immenses fanons. Elle en a 500, qui mesurent près de 25 cm et servaient de tiges de soutien pour les corsets et les parapluies (les versions métalliques actuelles s'appellent d'ailleurs toujours des baleines). Sa graisse était aussi largement exploitée. De plus, les baleines franches sont parmi les plus faciles à pêcher. Elles sont grandes, lentes et flottent bien une fois tuées. Une baleine franche du Pacifique Nord se reconnaît très bien dès lors qu'elle vient respirer en surface. Noire et trapue, elle dispose d'une mâchoire courbée et ponctuée de callosités blanches.

Des milliers de baleines, une seule franche

James Pilkington, un biologiste du ministère des Pêches et des Océans canadien, fut le premier à l'observer, le 9 juin 2013, à proximité des îles de la Reine-Charlotte, un archipel situé à l'extrême nord de la province canadienne de Colombie-Britannique. John Ford l'a rejoint le 13 juin. L'équipe du biologiste a pu longuement suivre la baleine, qui semblait assez indifférente à leur présence. Le bateau ne s'est jamais approché à plus de 25 m de l'animal, mais l'équipe scientifique a pu récolter certains de ses excréments et de ses proies. En analysant ces échantillons, les chercheurs espèrent obtenir l'ADN de l'individu. Le genre et le génome de l'animal pourraient ainsi être étudiés.

« C'est une découverte palpitante, ajoute John Ford. Au cours des dix dernières années, notre équipe de chercheurs a parcouru plus de 50.000 km au large des côtes de la Colombie-Britannique pour observer les baleines, et ils en ont vu des milliers, mais c'est la première baleine franche du Pacifique Nord. C'était fantastique de la voir et de confirmer que l'espèce existe encore dans les eaux canadiennes. »

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