Les ouvrières des abeilles du Cap se reproduisent par clonage de manière à éviter la consanguinité observée lors de la parthénogenèse. Certaines lignées sont ainsi restées identiques depuis plus de 30 ans !


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    Les ouvrières de l'abeille du Cap (Apis mellifera capensis), originaires d'Afrique du Sud, ont développé une capacité étonnante à se cloner elles-mêmes, selon une étude étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B. Les chercheurs ont même observé une lignée de clonesclones se perpétuant à l'identique depuis... 1990, avec des centaines de millions de copies.

    Les abeilles du Cap se reproduisent par reproduction sexuée, où la reine est fécondée par un mâle et peut alors pondre jusqu'à 2.000 œufs par jour. Mais les ouvrières se reproduisent par parthénogenèse thélytoque, où les œufs non fécondés donnent naissance à des ouvrières femelles par méioseméiose, avec recombinaisonrecombinaison du matériel génétiquematériel génétique. Le problème est que la parthénogenèse aboutit rapidement à des individus présentant une grande consanguinité, ce qui induit une forte mortalité. Avec le clonageclonage, chaque abeille-fille est exactement identique à sa mère, ce qui empêche ce phénomène.

    Le clonage (première colonne) évite le phénomène de recombinaison génétique obtenu avec la parthénogenèse. © Benjamin Oldroyd et <em>al., Proceedings of the Royal Society B.</em>, 2021
    Le clonage (première colonne) évite le phénomène de recombinaison génétique obtenu avec la parthénogenèse. © Benjamin Oldroyd et al., Proceedings of the Royal Society B., 2021

    Une mutation qui empêche la recombinaison génétique

    Pour comprendre comment les ouvrières conservent leur intégritéintégrité génétique, les chercheurs ont forcé les reines à se reproduire de manière asexuée en les équipant d'une bande de ruban collée avec du vernisvernis à onglesongles afin de les empêcher de s'accoupler. Ils ont ensuite comparé les larves de la reine reproduite par voie asexuée à celles des ouvrières, et trouvé un niveau de recombinaison génétique 100 fois plus important chez la reine que chez les ouvrières. Les auteurs suggèrent que les abeilles ouvrières du Cap ont développé une mutation qui prévient la recombinaison génétique pendant la reproduction. Ce comportement permettrait aux ouvrières de garder leur caractère fonctionnel en évitant la consanguinitéconsanguinité.

    Il arrive toutefois que le clonage aboutisse à des colonies dysfonctionnelles, lorsque des abeilles ouvrières se transforment accidentellement en « reine » qui passent alors leur temps à pondre plutôt qu'à effectuer leur travail. Ces reines parasites vont alors coloniser d'autres colonies et perturber également leur fonctionnement.

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    Les pratiques sexuelles et la reproduction des lapins sont entrées dans le langage courant. On dit, par exemple, « faire l'amour comme des lapins ». Cela n'a rien d'étonnant puisque les mâles sont littéralement obsédés et, selon l'expression consacrée, « sautent sur tout ce qui bouge ». N'en déplaise à notre moralité, la mère et les sœurs figurent parfois sur le tableau de chasse du lapin. En découlent, au bout d'un mois environ, des portées nombreuses, qui atteindront la maturité sexuelle en six mois environ. Une estimation théorique considère qu'un couple de lapins peut engendrer durant sa vie entière près de 2 000 descendants (même si tous ne survivent pas). Il faut bien jouer sur la quantité étant donné le nombre de prédateurs qui intègrent ces rongeursrongeurs aux grandes oreilles à leur menu. © Sexual Nature, London's Natural History Museum