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Les forêts tropicales, un puits de carbone revu à la hausse

La végétation tropicale est un puits de carbone sans fond ! De nouvelles estimations viennent gonfler de plus de 20 % sa capacité de stockage. Une bonne nouvelle pour la planète mais qui montre également à quel point la déforestation doit cesser.

La Brésil est le pays dont la végétation stocke le plus de carbone, notamment grâce à la forêt amazonienne qui s'étend sur 5,5 millions de km². © CIFOR, Flickr, cc by nc nd 2.0

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Les forêts tropicales peuvent stocker bien davantage de carbone que ce que l’on pensait. C’est la bonne nouvelle qui ressort d’une étude à grande échelle, une cartographie détaillée de l’ensemble de la végétation tropicale (hormis celle de l’Australie). Ainsi, par rapport à la dernière estimation réalisée par le Global Forest Resources Assessment en 2010, il apparaît que 21 % de carbone en plus seraient emprisonnés par les arbres des tropiques.

Les forêts et les autres végétaux sont connus pour être de formidables puits de carbone. Comme les océans. Grâce à la photosynthèse, les êtres vivants qui la composent assimilent le CO2 de l’atmosphère. Un processus efficace permettant de diminuer la quantité de gaz à effet de serre au sein de l’atmosphère et donc, le réchauffement climatique.

Près de 230 Pg de carbone dans la végétation tropicale

Selon cette analyse, détaillée dans Nature Climate Change, ce sont 228,7 milliards de tonnes de carbone (soit 230 pétagrammes) qui sont stockés à l'intérieur des plantes de ces régions tropicales. Et c’est en Indonésie et au Brésil que les plus grandes quantités sont séquestrées avec respectivement 53,2 et 18,6 milliards de tonnes, soit environ 31 % du total.

Cartographie de la séquestration de carbone par la végétation tropicale (échelle en tonnes par hectare). © Baccini et al. 2012, Nature Climate Change - adaptation Futura-Sciences
Cartographie de la séquestration de carbone par la végétation tropicale (échelle en tonnes par hectare). © Baccini et al. 2012, Nature Climate Change - adaptation Futura-Sciences

Pour parvenir à ces résultats, des chercheurs américains du centre de recherches de Woods Hole et des universités de Boston et du Maryland ont déterminé la capacité de stockage de carbone de chacun des carrés de 500 mètres de côté qui composent la surface occupée par la végétation tropicale d’Amérique, d’Afrique et d’Asie.

Un travail de longue haleine qui a nécessité une collaboration avec les différents pays investigués, l’analyse précise de données satellite ainsi que des travaux de terrains.

Évaluer précisément le stockage de carbone

Mais l’intérêt de l’étude ne réside pas uniquement dans les chiffres de stockage. L’enjeu de ces puits est très important et en connaître les capacités de stockage est un défi scientifique de taille. Les chercheurs ont mis au point un outil performant pour calculer cette capacité et donnant la possibilité, à l’échelle nationale, d’estimer l’impact de la déforestation.

La déforestation, selon cette nouvelle étude, est responsable de l’émission de 1 milliard de tonnes de carbone par an en moyenne, sur la période 2000-2010. D’après une précédente estimation, elle représente entre 6 et 17 % de l’ensemble des émissions de CO2 d’origine humaine au sein de l’atmosphère.

Dans un contexte mondial où les émissions des gaz à effet de serre de chacun des pays sont précisément scrutées, où les classements des plus gros pollueurs sont actualisés chaque année et où les décisions internationales sur le climat tiennent précisément compte de ces classements, un outil permettant des évaluations justes est évidemment indispensable. 


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