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L'exploitation saine des forêts tropicales affecte peu la biodiversité

Dans les forêts tropicales, l’exploitation sélective de bois d’œuvre, c'est-à-dire avec des prélèvements faibles, permet de conserver une très grande partie de la biodiversité et des stocks de carbone initialement présents dans la forêt primaire. C’est ce que révèle une étude à laquelle deux chercheurs du Cirad ont participé.

Cartographie du stockage de carbone par la végétation tropicale (échelle en tonnes par hectare, de 0 à 500). © Baccini et al. 2012, Nature Climate Change - adaptation Futura-Sciences

Cartographie du stockage de carbone par la végétation tropicale (échelle en tonnes par hectare, de 0 à 500). © Baccini et al. 2012, Nature Climate Change - adaptation Futura-Sciences

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Quel est l’impact de l’exploitation forestière sur la biodiversité et les ressources en carbone ? Pour répondre à cette question, une équipe de douze chercheurs issus d’autant d’instituts de recherche, dont le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), a rassemblé et analysé plus d'une centaine d'études scientifiques.

Pour la première fois, une étude permet d’aboutir à des résultats quantifiés concernant à la fois la biodiversité des forêts tropicales et les ressources carbonées. Les chiffres, qui viennent d’être publiés dans la revue Conservation Letters, dévoilent qu'après la première coupe sélective d’une forêt primaire, c’est-à-dire d’où ne sont extraits que quelques arbres à l’hectare, le stock de carbone s'élève à 76 % du stock initial et qu'entre 85 et 100 % des espèces de mammifères, d’oiseaux, d’invertébrés et de plantes sont toujours présentes.

La biodiversité des forêts tropicales reste encore à explorer. Pour témoin, ce rhinopithèque (Rhinopithecus strikeri) jusque-là inconnu, découvert en 2011 en Birmanie, est représenté ici sur une reconstitution réalisée à partir de différents clichés. © Thomas Geissmann, Fauna & Flora International
La biodiversité des forêts tropicales reste encore à explorer. Pour témoin, ce rhinopithèque (Rhinopithecus strikeri) jusque-là inconnu, découvert en 2011 en Birmanie, est représenté ici sur une reconstitution réalisée à partir de différents clichés. © Thomas Geissmann, Fauna & Flora International

La gestion durable des forêts : un bon outil

Ce résultat est d’autant plus intéressant que les analyses ont porté pour la plupart sur des forêts exploitées non certifiées. Les auteurs défendent la thèse selon laquelle l’amélioration des pratiques de gestion durable permettrait d’accroître encore plus les fonctions environnementales mais aussi économiques des forêts exploitées.

L’article met à mal l’idée que l’exploitation sélective engendre la dégradation des forêts tropicales. Il suggère au contraire que la gestion durable des ressources forestières tropicales, en complément des aires protégées, doit finalement être considérée comme un outil majeur pour la conservation des forêts tropicales.


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