Avant que le LHC ne commence à faire entrer en collisions des faisceaux de protons, le Tevatron était le plus grand et le plus puissant accélérateur de particules au monde. Célèbre pour sa découverte du quark top, son voyage vers l’infiniment petit prend fin ce 30 septembre 2011.
Le Tevatron était entré en service il y a vingt-huit ans. Comme son nom l’indique, son but était de faire entrer en collisions des protons et des antiprotons à des énergies de 1 TeV. Équipé de deux détecteurs, CDF et D0, on espérait qu’il permette la découverte du boson de Higgs (des particules supersymétriques constituant peut-être la matière noire) et de signes de la théorie des cordes, ou pour le moins de celles de Kaluza-Klein.
Il n’a pas permis la découverte du boson de Higgs mais de poser des bornes sur sa masse et ainsi d’éliminer certaines théories, comme probablement le modèle unifié proposé par Alain Connes, basé sur des considérations de géométrie non commutative. On a cru un moment qu’il avait peut-être détecté un boson Z’ mais il a fallu déchanter. La supersymétrie et la matière noire ne se sont pas montrées non plus.
Par contre, le Tevatron a bel et bien permis de découvrir un sixième quark, confirmant le modèle standard des particules élémentaires et il a permis de préciser sa masse ainsi que celles des bosons W. On lui doit également la découverte de nouveaux baryons, prédits cependant par la QCD ainsi que l’observation des oscillations des mésons B, liées à la violation CP.
Peut-être déjà des neutrinos transluminiques...
Il faut mentionner aussi la découverte du neutrino tau, avec l’expérience Donut (Direct Observation of the NeUtrino Tau), et le fait que des faisceaux de protons du Tevatron ont aussi été utilisés produire les faisceaux de neutrinos étudiés avec l’expérience Minos (Main Injector Neutrino Oscillation Search), laquelle montrait déjà des signes de possibles neutrinos transluminiques dont on discute beaucoup aujourd’hui avec les résultats énigmatiques d’Opera.
L'aventure continue pourtant pour plusieurs des chercheurs ayant travaillé au Tevatron puisqu'on les retrouve maintenant au LHC, dans les équipes analysant, par exemple, les résultats des détecteurs Atlas et CMS.
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