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Chaque année, l'Afrique perd quatre millions d'hectares de forêt, une régression plus de deux fois supérieure à celle connue en Amazonie, plus médiatisée. L'aridité, elle, progresse. Pourtant, les efforts réalisés ici ou là montrent des effets bénéfiques très nets. Pour faire le point et clairement montrer l'état des lieux, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) vient de produire un atlas très explicite.
Ce document de 400 pages a été présenté le 10 juin dernier par le Président d’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, à l’occasion de la Conférence Ministérielle Africaine de l'Environnement (CMAE).
Alors que l’attention était jusqu’ici retenue par les effets spectaculaires du réchauffement climatique, entre autres sur la baisse du niveau des eaux du lac Victoria ou l’assèchement du lac Tchad, le nouvel atlas met pour la première fois l’accent sur d’autres conséquences aussi visibles mais moins médiatisées jusqu’ici, photos satellites "avant" et "après" à l’appui.

On peut citer comme exemples, entre autres :
En Ouganda, les glaciers des monts Rwenzori ont réduit leur volume de 50% entre 1987 et 2003.

Dressé en collaboration avec de nombreux chercheurs et scientifiques d’Afrique et d’ailleurs, l’atlas met en évidence les effets de trente-six années d’expansion démographique, comme la croissance des villes remplaçant peu à peu la campagne verdoyante, l’empiètement régulier des exploitations agricoles sur les zones protégées, réduisant celles-ci, mais aussi la dérive des polluants au-delà des frontières des pays qui en sont responsables, la pression sur l’environnement provoquée par les camps de réfugiés, etc.
Des signes positifs, tout de même…
Un effort réel de gestion de l’environnement est néanmoins perceptible dans de nombreux cas, précisent les auteurs de l’atlas qui citent, entre autres :


Achim Steiner, sous-secrétaire général des Nations Unies et directeur exécutif du PNUE, se réjouit de constater que dans les zones où la dégradation des terres a été contrée et où les zones naturellement humides reviennent, les arbres sont en nette augmentation. La revitalisation des terres effectuée dans la province de Tahoua, au Niger, a généré une augmentation de la densité arboricole dans un rapport de 1 à 10, voire 20 par rapport aux années 1970.
Les défis pour le futur
De nombreux pays africains, conscients du problème, ont considérablement augmenté le nombre de leurs zones protégées. On en compte maintenant plus de 3.000. Mais les grands soucis majeurs restent la perte des forêts, préoccupation principale de 35 pays comme la République Démocratique du Congo, le Malawi, le Nigeria et le Rwanda, ainsi que la perte de la biodiversité constatée essentiellement dans 34 pays comme l'Angola, l'Ethiopie, le Gabon et le Mali. La dégradation des terres préoccupe aussi de nombreux gouvernements, tels ceux du Cameroun, d'Erythrée et du Ghana.
Le résultat de ces actions et de la pression exercée par l’Homme sur l’environnement est à peine concevable. Lorsqu’on parle de déforestation, l’Amazonie est généralement citée en exemple avec la destruction de 1,7 million d’hectares de forêts par an. Pourtant, en Afrique, ce sont 4 millions d’hectares qui disparaissent chaque année dans l’indifférence générale. D’où l’utilité de cet atlas révélateur.
Si le prix de vente de cet atlas (150 dollars) peut décourager certains même s’il est justifié par sa qualité, il peut cependant être téléchargé gratuitement et intégralement (par chapitres, en français ou en anglais) sur le site du PNUE (Unep, en version anglaise) : Atlas of Our Changing Environment.
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