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Des "yeux bioniques" pour vaincre la cécité

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Pourra-t-on un jour remplacer les yeux d'un aveugle par une prothèse artificielle totalement fonctionnelle ? Pour l'instant cela relève de la science-fiction, mais c'est pourtant ce qu'affirme le Dr Kristina Narfstrom, ophtalmologiste vétérinaire à l'université du Missouri-Columbia.

Celle-ci expérimente actuellement un procédé qui consiste à implanter sur des chats atteints de rétinite pigmentaire des puces en silicium, avec l'espoir qu'elles parviendront à remplacer certaines fonctions, voire même à amorcer la régénération des tissus rétiniens.

Chez l'homme, la rétinite pigmentaire est une maladie génétique incurable qui attaque les cellules photoréceptrices de l'œil et conduit souvent à la cécité. Elle frappe 30.000 personnes en France. Selon le Dr Narfstrom, une trentaine de personnes ont déjà reçu une de ces puces avec des résultats encourageants, améliorant la vision dans certains cas, ou ralentissant le développement de la maladie.

Shéma d'implantation. Crédit Optobionics.

L'expérimentation sur les chats devrait aider les chercheurs à optimiser les performances du dispositif et à former les chirurgiens aux techniques opératoires nécessaires, car la similitude est grande entre l'œil du chat et de l'homme.

Chaque puce, de deux millimètres de large, est recouverte de 5000 microphotodiodes réagissant à la lumière et transmet des signaux électriques au cerveau via le nerf optique. Mises au point par la société Optobionics de Naperville (Illinois), elles sont insérées à l'arrière de l'oeil.

"Nous les plaçons à l'endroit où se trouvent les photorécepteurs dont elles sont supposées prendre le relais si ceux-ci manquent", précise le Dr Narfstrom. Actuellement elles ne permettent pas encore de visualiser une image complète mais plutôt des impulsions lumineuses, mais le but est d'en améliorer les performances en leur faisant délivrer davantage d'informations.

Le Dr Narfstrom ajoute que non seulement les résultats sont positifs en terme de vision, mais que de plus, les études suggèrent que les courants électriques produits autour des implants pourraient aussi aider à régénérer les photorécepteurs naturels endommagés. D'ici deux ans environ, les chercheurs pourront déterminer si les implants favorisent réellement la croissance de cellules rétiniennes sur les chats.

Ce domaine de recherche "offre un grand espoir aux personnes qui ont complètement perdu la vue", déclare Tim Shoen, de la Fondation lutter contre la cécité (Baltimore), qui finance ces travaux.

La puce ASR ™ conçue par Optobionics.

1) Vue agrandie.
2) Comparaison avec une pièce américaine d'un penny.
3) Puce implantée dans la rétine. Crédit Optobionics.