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FIV : un nouveau procédé d’incubation la rend beaucoup plus efficace

Grâce à un nouveau système d’incubation qui permet de stabiliser davantage l’environnement des embryons, les taux de réussite de FIV ont été améliorés de 27 % par des scientifiques britanniques. Un grand pas en avant dans la lutte contre l’infertilité.

Les techniques de la FIV se sont nettement améliorées en trente ans et en France, plus de 200.000 bébés-éprouvette ont pu voir le jour. Leur part dans la population est d'ailleurs de plus en plus importante. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0 Les techniques de la FIV se sont nettement améliorées en trente ans et en France, plus de 200.000 bébés-éprouvette ont pu voir le jour. Leur part dans la population est d'ailleurs de plus en plus importante. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

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Cela fait plus de trente ans que l’on a réussi les premières fécondations in vitro (FIV) pour lutter contre l'infertilité, mais la technique est encore bien perfectible. Malgré les progrès technologiques réalisés depuis ces trois dernières décennies (traitements hormonaux, congélation des embryons, ICSI…), les taux de réussite restent relativement bas (environ 30 %).

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces échecs, parmi lesquels la qualité de certains gamètes ou le manque de stabilité de l’environnement dans lequel croissent les embryons durant les sept premiers jours. Pour un maximum d’efficacité, il faut recréer au mieux les conditions naturelles, celles qui règnent dans l’utérus de la mère, aussi bien en température qu'en concentration gazeuse, qui définissent l'acidité. Or, pour s’assurer de la bonne évolution du développement embryonnaire, les chercheurs sortent les œufs afin de les observer au microscope. Et certains, ne supportant pas la manipulation, succombent.

La solution vient d’être apportée par des chercheurs britanniques de l’université de Newcastle. En recréant un incubateur unique pour toutes les étapes, équipé de microscopes, ils ont réussi à esquiver le problème, améliorant les taux de survie des embryons de 33 % et les taux de grossesse de 27 %. Le détail des résultats est publié sur Plos One.

Les rendements de la FIV nettement améliorés

Leur système est effectivement hermétique. Déjà testé chez des souris, il avait montré que l’environnement était mieux contrôlé, que la température et le pH fluctuaient moins. Et cela se traduit sur la survie embryonnaire.

L'embryon humain à 6 jours, ici vu au microscope électronique à balayage, est encore minuscule et n'a pas encore forme humaine ou animale. Au stade blastocyste, c'est à cet âge qu'il est transplanté dans l'utérus de la mère. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0
L'embryon humain à 6 jours, ici vu au microscope électronique à balayage, est encore minuscule et n'a pas encore forme humaine ou animale. Au stade blastocyste, c'est à cet âge qu'il est transplanté dans l'utérus de la mère. © Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Dans le système conventionnel, ils estiment que 30 % des embryons atteignent le stade blastocyste, un des premiers stades du développement embryonnaire, qui apparaît au bout de quelques jours chez l’Homme. C’est aussi à cette période qu’ils sont transplantés dans l’utérus de leur mère. Avec leur nouvel incubateur, les taux sont montés à 40 %, soit un tiers de réussite en plus.

Les taux de grossesse, qui se définissent à partir du nombre de cœurs qui battent après sept semaines, ont eux aussi été améliorés. Alors qu’ils ont atteint 32 et 35 % chez les femmes traitées dans le systèmes ouverts (332 et 194 sujets respectivement), ils sont passés à 45 % chez celles testant la nouvelle technique (256). Les femmes étaient âgées de 37 ans ou moins, n’avaient jamais subi de FIV auparavant, et un minimum de 10 follicules ovariens avaient été prélevés.

En évitant des étapes traumatisantes pour l’embryon, cette nouvelle méthode se révèle efficace. Elle s’est déjà exportée au Canada, aux Pays-Bas et en Thaïlande et deviendrait une technique plus fiable pour contrer l’infertilité, et permettre à davantage de couples de réussir à mettre au monde leur enfant biologique. La FIV, très fastidieuse à ses débuts, va devenir petit à petit à la portée de tous les parents stériles.


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