Le poulet d'élevage, un marqueur de l'Anthropocène

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« Les poulets d'élevage sont un symbole de la transformation forcée de la biosphère par l'être humain pour satisfaire ses modes de consommation » et ont par conséquent « le potentiel pour devenir un marqueur biostratigraphique de l'Anthropocène », selon des chercheurs dont les travaux paraissent dans le Royal Society Open Science.

La très disputée nouvelle époque centrée sur l'Homme aurait débuté à la moitié du XXe siècle. Pour la définir, plusieurs indicateurs ont été proposés, allant des retombées radioactives des essais nucléaires aux poulets d'élevage. Dans une nouvelle étude, les scientifiques soulignent que l'élevage intensif et sélectif a conduit à l'apparition de volailles deux fois plus grandes que celles du Moyen-Âge et grossissant cinq fois plus rapidement que celles des années 1950, et à leur prolifération à travers la planète. Avec 23 millions d'individus, les poulets sont devenus, de loin, les oiseaux les plus nombreux au monde. Les changements morphologiques qu'ils ont subis sont clairement visibles sur leurs os, plus grands, moins denses et souvent déformés. Leurs fossiles, en nombre écrasant, laisseront donc une empreinte bien visible dans les sédiments.

Comparaison entre les os de la patte d'un poulet d'élevage moderne et ceux d'un coq doré, ou coq sauvage. Les deux spécimens sont présentés à la même échelle et sont juvéniles : le premier a cinq semaines, le second six. © Carys E. Bennett et al., Royal Society
Par leur nombre et leur morphologie, les poulets d'élevage d'aujourd'hui, un produit de l'élevage intensif, constituent un marqueur tout désigné de l'Âge de l'Homme, ou Anthropocène. © DP

Par leur nombre et leur morphologie, les poulets d'élevage d'aujourd'hui, un produit de l'élevage intensif, constituent un marqueur tout désigné de l'Âge de l'Homme, ou Anthropocène. © DP