Les données et l’Intelligence artificielle peuvent aider à évaluer et à mitiger les risques dus au changement climatique pour que les organisations se transforment durablement.


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    Ingénieur de formation avec un parcours en conseil, Gwendal Bihan est convaincu que les nouvelles technologies peuvent avoir un impact au service du bien commun. C'est la raison d'être d'Axionable, qu'il a cofondé et dont il est président.

    Qu’est-ce que propose Axionable ?

    Gwendal Bihan : Axionable aide les entreprises à accélérer leur trajectoire durable, c'est-à-dire à revoir en profondeur leur modèle d'affaires dans une logique d'atténuation par la décarbonation, et dans une logique d'adaptation par leur résiliencerésilience face aux risques climatiques. Nous les aidons aussi à identifier de nouvelles opportunités de valeur durable. Pour répondre à ces problématiques, les nouvelles technologies, notamment la data et l'Intelligence artificielle sont de formidables alliées.

    Gwendal Bihan, cofondateur et président de Axionable. © Axionable
    Gwendal Bihan, cofondateur et président de Axionable. © Axionable

    Avec Axionable, vous parlez d’Intelligence artificielle responsable et dé-risquée. Comment en être certain ?

    G. B. : Il est vrai que nous faisons face à un certain paradoxe : l'Intelligence artificielle se révèle d'une formidable utilité, mais présente également des risques insoutenables, que ce soit en termes de dérives ou de consommation énergétiqueconsommation énergétique entre autres. Heureusement, en plus de toute la littérature qui existe sur le sujet, comme le rapport Villani par exemple, la Commission européenne est train de plancherplancher sur une réglementation spécifique, « l'AI Act », avec une approche par les risques et la mise en place des contrôles en amont afin de normaliser les bonnes pratiques. Notre méthodologie IA ADM, pour Axionable Delivery Method, a donc été par ailleurs la première certifiée, labellisée et alignée avec ce futur règlement.

    Pourquoi votre start-up va-t-elle changer le monde ?

    G. B. : Nous constatons tous de plus en plus, et c'était pourtant annoncé depuis de nombreuses années par le GIECGIEC, que les événements climatiques extrêmes sont de plus en plus fréquents et intenses. Les modèles scientifiques ont donc besoin de données précises pour mieux les anticiper, comprendre les impacts qu'ils peuvent avoir pour une entreprise, permettre d'anticiper et de prendre dès aujourd'hui les bonnes décisions. En termes de décarbonation, les calculs sont parfois difficiles, notamment pour les entreprises avec des fournisseurs diverses en amont et de nombreux clients en aval. Or ces derniers représentent 80 à 90 % de l'empreinte carbonecarbone d'une organisation. Il faut donc pour cela des données fiables pour pouvoir les analyser, les comparer et les mettre en perspective. C'est le but que s'est fixé Axionable : fournir aux entreprises des services et solutions pour gagner en rapiditérapidité, fiabilité, efficacité sur ces sujets.

    Comment est né le projet ?

    G. B. : J'ai cofondé Axionable il y a 6 ans maintenant avec un démarrage fluide puisque nous avions chacun déjà un portefeuille clients et des compétences complémentaires. Ça nous a permis de connaître une accélération rapide à nos débuts et surtout de garder notre indépendance financière, un modèle qui nous tient à cœur.

    L'équipe Axionable. © Welcome to the Jungle
    L'équipe Axionable. © Welcome to the Jungle

    Quelles sont les prochaines étapes ?

    G. B. : Notre ambition est de conserver notre leadership sur nos trois spécialités, l'IA et la Data pour la décarbonation, l'IA et la Data pour la résilience climatique et l'IA de confiance. Nous avons l'atout de l'expérience, d'avoir un peu de recul sur le sujet et d'avoir notamment été les premiers à être certifiés sur la question. Nous allons donc continuer à innover en R&D et en formation pour changer d'échelle dans les années à venir. D'une cinquantaine de collaborateurs actuellement, nous devrions être plus de cent d'ici deux à trois ans. La pressionpression réglementaire croissante sur les entreprises est d'ailleurs une bonne chose pour accélérer le sujet et devrait nous offrir par ricochet de belles perspectives de croissance.

    À quoi va ressembler le monde en 2050 ?

    G. B. : En toute transparencetransparence, même si je suis fier de ce que nous faisons, je suis bien conscient de n'être une goutte d'eau face dans cet océan de défis. Plus nous travaillons sur ces questions, plus nous nous apercevons que les futurs scenarios climatiques alarmants ne sont plus incertains, mais une réalité. C'est un fait : une augmentation de la température de 2 à 4 degrés va entraîner les phénomènes extrêmes malheureusement prédits depuis de nombreuses années. Or il n'y a pas aujourd'hui de réel changement observé, alors que nous avons besoin d'une bifurcationbifurcation, d'un passage à l'échelle urgent au niveau européen et mondial.

    Si vous étiez Premier ministre, quelle mesure phare mettriez-vous en place ?

    G. B. : Je mettrai en applicationapplication le Plan de transformation de l'économie française (PTEF) proposé par le Shift Project. Il porteporte sur trois champs d'application, à commencer par la formation pour éclairer les débats publics et lutter contre les fake news. Il s'agit aussi de mettre en place une planification à long terme, car si la France peut être fière de ses infrastructures, nous naviguons à coups de barre à droite ou à gauche, et donc, il faut éviter pour le bien de la Planète qu'un nouveau gouvernement détricote ce que le précédent a fait. Il faut aussi un certain courage : changer réellement d'échelle et avoir un effet d'emballement entrainent inévitablement certaines contraintes et génèrent des mécontentements. Il est donc nécessaire de les accompagner.

    D’ailleurs, quel sujet d'actualité de Futura vous a passionné ?

    G. B. : Celui sur la fonte du permafrost. Ce phénomène me fascine et m'effraie tout à la fois, et illustre la complexité des phénomènes liés au changement climatiquechangement climatique, avec son lot de découvertes et théories qui font aujourd'hui consensus, mais également des éléments qui restent à expliquer, découvrir, préciser... Cela prouve l'importance de la science pour mieux comprendre les impacts du changement climatique, et le rôle qu'ont Futura et d'autres médias scientifiques pour vulgariser ces phénomènes auprès du grand public.