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Amaury Mouchet

Maître de conférence - Physique

Classé sous :Mathématiques , physique , rhéophysique
Futura-Sciences : une exception culturelle. Trop rares sont les sites ouèbes comme Futura-Sciences qui montrent à chaque page que la science fait pleinement partie de la culture (au lieu d'être ostracisée par cette dernière). Loin d'être monolithique et figé, ce projet est par sa conception même, à plusieurs voix, bien vivant, protéiforme et se déploie dans de multiples directions qui offrent autant de pistes à explorer pour le voyageur de passage, l'amateur ou le professionnel.
Amaury Mouchet, Maître de conférence - Physique

Biographie

1986 : Baccalauréat section C, math-physique (mention très bien) au lycée Frédéric Mistral (Avignon) ;

1987-1989 : Classes préparatoires au lycée Louis-Le-Grand (Paris) ;

1989 : Admis aux Écoles Normales Supérieures de Paris, Lyon et Cachan  ainsi qu'à l'École Polytechnique (Option Physique). 

1989-1993 : Scolarité à l'École Normale Supérieure de Paris (rue d'Ulm) : Licence et maîtrise de physique. DEA de physique théorique.

1992-1996 Doctorat de l'Université Paris-VI effectuée sous la direction de Patricio Lebœuf au laboratoire de physique théorique et de modèles statistiques (LPTMS) d'Orsay : « Quelques applications des méthodes semiclassiques en chaos quantique. »
 
1994/1995 interruption de 12 mois pour service national en tant que scientifique du contingent à l'École Polytechnique.

1997-présent : maître de conférences au Laboratoire de Mathématiques et de Physique Théorique de l'Université François Rabelais de Tours

Métier

Les maîtres de conférences et les professeurs d'université consacrent une partie de leur travail à l'enseignement, une autre à la recherche et enfin, de plus en plus souvent, à l'administration universitaire bien que le terme enseignant-chercheur n'incorpore pas ce dernier volet. La répartition et l'équilibre entre ces trois activités peut différer beaucoup d'une personne à l'autre et évolue au cours d'une carrière.

En tant que maître de conférences au département de physique de l'université François Rabelais, j'ai donné des cours, des travaux dirigés et des travaux pratiques à tous les niveaux universitaires y compris dans le cadre de la formation aux métiers d'enseignant au collège ou au lycée (CAPES). À l'université nous rencontrons des auditoires extrêmement variés au fur et à mesure que la spécialisation des étudiants se précise au fil de leurs parcours. On n'enseigne pas en première année de licence comme si l'ensemble de l'amphithéâtre avait vocation à devenir chercheur en physique théorique. Il faut également trouver le bon accord entre la formation professionnelle et le développement personnel des étudiants, entre les tendances antagonistes dirigées l'une vers la spécialisation et l'autre vers la diversité des connaissances à transmettre.
 
Pour retenir une petite expérience personnelle : il m'a semblé que proposer un cours d'astronomie dès la seconde année permettait d'enrichir les étudiants qui ont souhaité faire des études scientifiques, stimuler leur curiosité voire susciter des vocations en physique. Nombreux sont celles et ceux que l'astronomie fascinent, pour de bonnes raisons, et c'est alors l'occasion de retrouver les racines de la physique sous un angle moins académique (mécanique, thermodynamique, optique et électromagnétisme, etc.). Ce cours insiste beaucoup sur l'observation qui en astronomie est indissociable de l'émotion esthétique (sortie avec observation au télescope, décryptage d'un ciel nocturne, audiovisuel avec des logiciels de simulations Celestia ou Stellarium accessibles à tous).

En plus des cours de physique proprement dit, je pratique même un peu de hors-piste par un cours d'histoire et de philosophie des sciences.  J'interviens également en seconde année de master de physique fondamentale, modèles non linéaires en physique, où je donne un cours de physique quantique avancée (introduction à la théorie quantique des champs et aux effets collectifs en physique quantique).

Dans le même temps, j'essaie de prolonger ce partage des savoirs dans d'autres cadres (livres écrits pour un « grand public », conférences diverses, interventions dans les lycées, et bien sûr ces pages...)  À la frontière entre enseignement et recherche, je fais également partie du comité éditorial de la revue European Journal of Physics.

L'ambition de cette revue bimestrielle de rayonnement largement international est d'établir des connections entre la recherche au plushaut niveau et sa transmission au niveau universitaire. Une fois parmois en moyenne, chaque membre du comité éditorial lit, critique etjuge un manuscrit soumis à la revue. Seuls sont retenus les travaux qui allient à la fois une grande maturité, un souci profond de refonte pédagogiques.

Le plaisir de la recherche est beaucoup plus difficile à communiquer que celui de l'enseignement. Comme les atomistes grecs ou encore Lucrèce l'ont compris bien avant notre époque, comprendre ne serait-ce qu'une infime partie du monde et comment nous nous y intégrons pleinement, c'est accepter plus facilement ce que nous sommes et la très modeste place que nous occupons ; dans une certaine mesure, en nous aidant (en principe) à faire la part entre le nécessaire et le superflu, cela nous aide à aussi à vivre. Les lois du monde acquièrent, en même temps que la connaissance de leurs domaines de validité, un caractère universel qui nous offre une certaine maîtrise sur le monde. Et puis, la beauté inhérente à cette compréhension du monde est véritablement fascinante.

Plus concrêtement, la recherche fondamentale en physique théorique ou en mathématiques s'effectue avec une liberté que beaucoup, bien mieux payés pourtant, nous envient jalousement. Cette liberté est grisante mais peut être déstabilisante parfois parce que, la progression scientifique s'effectuant par essais et erreurs, il faut savoir accepter les fausses pistes. Un chercheur en physique théorique n'a personne pour lui dire quand ni sur quoi réfléchir et travailler. Nous choisissons nous-mêmes nos collaborateurs, nous nous donnons nous-mêmes nos propres maîtres, nous décidons nous-mêmes dans quels domaines, hautement concurrentiels ou plus marginaux, orienter nos recherches. Bien sûr, quoique l'on en dise, ce sont nos pairs qui nous jugent et cette sélection-là est implacable.

Ma recherche en physique théorique porte de façon générale sur la dynamique quantique des systèmes complexes où l'on cherche à mieux comprendre l'articulation entre les « mondes » quantique et classique, notamment en présence de chaos (chaos quantique). Plus spécifiquement, ma thématique principale concerne l'effet tunnel dans des systèmes chaotiques (au moins en partie) c'est-à-dire dont l'évolution se traduit en physique classique par une extrême sensibilité aux conditions initiales ou à la moindre perturbation. 

Pour en savoir plus sur mes publications et mes enseignements.

Un mot encore sur le cadre de mon travail : notre laboratoire est le seul en France à regrouper au sein d'une même unité de recherche associée au CNRS des mathématiciens et des physiciens. Nous sommes structurés en deux équipes (mathématique et physique théorique) et cinq axes de recherche (Algèbre, Analyse non linéaire et équations aux dérivées partielles, Géométrie riemanienne, Gravitation, Théorie des champs, Systèmes intégrables et dynamique classique et quantique des systèmes complexes).

Depuis le 1er janvier 2012, en tant que directeur-adjoint du laboratoire, je suis responsable de l'équipe de physique théorique.