SES vient de réaliser avec succès une première démonstration de diffusion 8K depuis un de ses satellites Astra. Thomas Wrede, vice-président New Technology & Standards chez SES, nous explique de quoi il est question.

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    Alors que de plus en plus de programmes sont diffusés en 4K, notamment les grands rendez-vous sportifs comme Roland Garros et la Coupe du monde de football, SES, un des opérateurs mondiaux de satellites de télécommunications basé au Luxembourg, travaille déjà sur le format suivant, le 8K avec une résolutionrésolution d'environ 7.680 X 4.320 pixelspixels, soit quatre fois plus de pixels que l'ultra-haute définition 4K.

    Ainsi, il a récemment testé pour la première fois une diffusion par satellite en 8K avec des partenaires industriels. Cet intérêt pour la 8K peut surprendre de la part de SES. Mais, à l'ère de la télévision en ultra-haute définitionultra-haute définition, forte consommatrice de bande passantebande passante, on aurait tort de penser que la fibre optiquefibre optique est le seul canal de diffusion qui offre des débitsdébits élevés pour de la diffusion en ultra-haute définition, qu'elle soit en 4K4K ou en 8K.

    La diffusion de programmes par satellite s'avère en effet le moyen idéal d'apporter la Ultra HD au plus grand nombre, la fibre optique concernant essentiellement des régions à forte densité de population et délaissant donc beaucoup de personnes. En France, la fibre ne propose aujourd'hui un débit suffisant pour la transmission en 4K qu'à 23 % des foyers. Grâce à sa large couverture et sa qualité de transmission, le satellite couvre 100 % du territoire et offre des débits suffisamment élevés pour assurer aux millions de foyers desservis l'accès à l'Ultra HD dans une qualité optimale.

    « SES a toujours eu pour but de stimuler l'innovation dans le monde de la vidéo », souligne Thomas Wrede, vice-président New Technology & Standards chez SES. Lors de sa conférence annuelleannuelle SES Industry Days (23 et 24 mai), qui rassemble les représentants de l'ensemble de l'écosystèmeécosystème pour tester et faire progresser les nouvelles technologies liées à la télévision, « nous avons diffusé notre première démonstration de télévision 8K, via un satellite Astra ».

    Les différentes résolutions, en pixels, des formats ultra-haute définition. © DR

    Les différentes résolutions, en pixels, des formats ultra-haute définition. © DR

    Une démonstration en avance par rapport au marché

    Cette démonstration avait pour but de tester la « transmission d'un signal 8K avec une fréquence de 60 images par seconde et une profondeur de couleur de 10 bits ». Elle avait aussi comme autre objectif « d'apprendre les difficultés autour d'une telle transmission et de mieux en comprendre les besoins ».

    Bien que cet essai ait « été enthousiasmant », Thomas Wrede est conscient que cette technologie n'est pas suffisamment mature et « qu'il faudra encore plusieurs années avant que l'on parle de service commercial ». En effet, même si les satellites SES sont déjà capables de transmettre un signal 8K, de « nombreux challenges seront à relever avant de pouvoir initier le déploiement de cette nouvelle technologie ! »

    L'un des principaux besoins identifiés est un « codeccodec vidéo plus performant, qui offre un meilleur taux de compression afin de réduire le débit de transmission par un facteur deux » ; ce codec devrait être prêt d'ici 5 à 7 ans. La puissance de calcul est aussi un autre besoin qui n'est pas adressé aujourd'hui. En effet, comme une image 8K comporte quatre fois plus de pixels qu'une image 4K, il faut des « puces (chipsetschipsets) beaucoup plus puissantes pour encoder et décoder le signal ». Aujourd'hui, cette « puissance de calcul n'est pas accessible pour le marché consommateur ». Enfin, une nouvelle technologie telle que la 8K « nécessite la standardisation de l'écosystème tout entier (notamment le contenu, les décodeurs numériquesnumériques), ce qui prend du temps ».

    À noter, pour les férus de technique, que la démonstration de SES était basée sur la nouvelle norme DVBDVB-S2X, qui permet une plus grande efficience. La transmission a été réalisée sur un seul transpondeur 36 MHz sur Astra 3B. Avec une résolution de 7.680 X 4.320 pixels, la vidéo a été encodée en HEVC et transmise à un débit de 80 Mbit/s, soit quatre fois plus que pour un signal 4K. De plus, la démonstration a utilisé un signal formaté IPIP natif, donnant ainsi un aperçu des exigences d'une future infrastructure de télédiffusion entièrement IP.