La maitrise de la fusion contrôlée est indispensable à l’humanité pour affronter les défis de la seconde moitié du XXIe siècle. Une première étape sur ce chemin passe par le réacteur Iter dont on voit sur cette image prise en 2016, l’état d’avancement des travaux. © EJF Riche, DP

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Iter : retard confirmé pour le premier plasma, pas avant 2025

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Au moins 5 milliards d'euros de plus, pas de production de plasma avant 2025 et pas de fusion avant 2035, telles sont les estimations tenues enfin pour raisonnables et crédibles quant au fonctionnement du réacteur Iter, selon un groupe d'experts indépendants mandatés par les responsables du projet de réacteur thermonucléaire.

On se souvient que c'est en 2006 que l'Europe, la Chine, l'Inde, le Japon, la Russie, les États-Unis et la Corée du Sud se sont officiellement lancés dans la construction d'un réacteur destiné à tester la faisabilité de la production d'énergie via la fusion contrôlée. Baptisé Iter, ce réacteur n'avait pas la prétention d'être un prototype pour la production industrielle d'électricité mais de démontrer que cela devait être possible. Les plus optimistes espéraient que ce successeur d'Iter verrait probablement le jour à l'horizon 2040.

Quant à Iter lui-même, en 2006, on prévoyait que son coût de construction allait être de l'ordre de 5 milliards d'euros et que les premières expériences sur le plasma (mais sans réaction de fusion du deutérium avec le tritium) allaient débuter cette année. Mais rapidement, il est apparu qu'il faudrait plutôt attendre 2019 et dépenser environ 15 milliards d'euros dont 45 % à la charge de l'Union européenne et le reste réparti à hauteur de 9 % pour chacun des autres partenaires du projet.

Une image prise en avril 2016 sur le chantier du réacteur Iter. © EJE Riche, DP

Or, déjà à la fin de l'année 2015, le réputé journal Science faisait état d'une nouvelle estimation qui commençait à circuler selon certains experts, reportant le premier plasma à au moins 6 ans dans l'avenir, c'est-à-dire à l'horizon 2025. On vient d'apprendre officiellement que le rapport du Groupe d'Experts Indépendants mandatés par le Conseil Iter, organe exécutif d'Iter Organization, avait bel et bien validé une nouvelle estimation qui confirmerait celle avancée l'année dernière, si l'on en croit des déclarations récentes de Bernard Bigot, l'ancien administrateur général du CEA qui a succédé au Japonais Osamu Motojima début 2015, comme directeur général d'Iter Organization.

Iter ne fusionnera pas du deutérium et du tritium avant 2035

Le journal Science précise que selon le calendrier beaucoup plus réaliste proposé par Bernard Bigot et son équipe, qui a donc été validé par le groupe d'expert, les premières expériences sur le plasma devraient avoir lieu en décembre 2025 au plus tôt, et celles sur la fusion, 10 ans plus tard. Au moins 4,6 milliards d'euros de plus seraient nécessaires, ce qui ferait donc un coût d'au moins 20 milliards d'euros.

Un autre aspect du chantier d'Iter, toujours en avril 2016. © EJE Riche, DP

Inutile de dire que ce ne sont pas vraiment de bonnes nouvelles alors que l'on aurait besoin de produire encore plus d'énergie dans les années à venir pour résoudre les problèmes grandissants de l'humanité et que l'on doit rapidement cesser d'utiliser les énergies fossiles, bien que l'on sache qu'il n'est pas réaliste d'espérer leur substituer des énergies renouvelables à 100 % dans le temps imparti pour maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2 °C. Espérons que des initiatives comme celle de la création de la Breakthrough Energy Coalition, ou du stellarator Wendelstein 7-X, porteront leurs fruits bien avant.