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L’Homme de Néandertal fabriquait sûrement des cordages

Voici 90.000 ans, des Hommes de Néandertal confectionnait probablement des cordages ou des ficelles. C’est en l’état ce que suggère la découverte de fibres végétales tordues sur des outils en pierre mis au jour en Ardèche, dans l'abri du Maras. Une fois encore, il apparaît que notre cousin adoptait des comportements variés et sophistiqués.

L'Homme de Néandertal a très longtemps été considéré comme inférieur technologiquement aux Hommes modernes. De plus en plus d'études tendent maintenant à montrer que nous nous sommes trompés. © IslesPunkFan, Flickr, cc by nc 2.0 L'Homme de Néandertal a très longtemps été considéré comme inférieur technologiquement aux Hommes modernes. De plus en plus d'études tendent maintenant à montrer que nous nous sommes trompés. © IslesPunkFan, Flickr, cc by nc 2.0

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Des artefacts percés d’un trou sont régulièrement trouvés sur des sites qui étaient autrefois occupés par des Hommes de Néandertal. Leur existence ainsi que les traces d’usure qu’ils arborent suggèrent qu’ils étaient probablement portés en pendentif, et donc qu’ils devaient être suspendus à une cordelette. Mais les preuves manquent… tout simplement parce que ces liens étaient faits de matériaux périssables qui se décomposent rapidement, à quelques exceptions près. Ainsi, un cordage manufacturé par l’Homme voici 30.000 ans a déjà été découvert.

Ce record pourrait bien prendre de l’âge, si l’on se fie à la découverte de fibres végétales longues de 0,7 mm qui ont été prélevées sur des outils en pierre dans l’abri du Maras (Saint-Martin-d’Ardèche, France). En effet, elles ont la particularité d’être torsadées d’une manière qui n’a jamais été observée dans la nature. Il est donc probable qu’elles aient été travaillées par Homo neanderthalensis pour en faire des cordages ou des ficelles. Pourquoi lui ? Les indices mis au jour dateraient du début du quatrième stade isotopique de l'oxygène, donc de 90.000 ans environ. Or, Homo sapiens n’avait pas encore colonisé l’Europe à cette époque.

Un enfant néandertalien, une des superbes « reconstructions » réalisées par Élisabeth Daynès, qui travaille avec des paléontologues. L'Homme de Néandertal a vécu 300.000 ans. Son nom vient du lieu où le premier squelette a été découvert, en 1856 : la vallée de Neander, en Allemagne. Vallée se disant thal en vieil allemand, le H est conservé dans le nom latin Homo neanderthalensis et, par certains, dans le nom francisé.
Un enfant néandertalien, une des superbes « reconstructions » réalisées par Élisabeth Daynès, qui travaille avec des paléontologues. L'Homme de Néandertal a vécu 300.000 ans. Son nom vient du lieu où le premier squelette a été découvert, en 1856 : la vallée de Neander, en Allemagne. Vallée se disant thal en vieil allemand, le H est conservé dans le nom latin Homo neanderthalensis et, par certains, dans le nom francisé. © Ph. Plailly, Eurelios

L’Homme de Néandertal, ce cousin aux comportements variés

Le fait que cet hominidé fabriquait des cordages, ce qu’il a dû apprendre à faire seul, démontre une fois encore qu’il pouvait adopter des comportements variés et sophistiqués. Cette découverte et ses implications ont été rapportées dans la revue Quaternary Science Reviews par Bruce Hardy du Kenyon College (Ohio, États-Unis), en collaboration avec des chercheurs d’institutions françaises et espagnole. D’autres détails observés sur le même site archéologique, et présentés dans l’article scientifique, appuient la conclusion évoquée.

Les chercheurs ont également mis au jour six pointes en pierre taillée qui devaient être montées sur des projectiles, ce qui représente une technologie relativement « complexe » pour l’époque. Par ailleurs, l’analyse de restes d’outils en pierre et de données zooarchéologiques a démontré que les Hommes de Néandertal du Maras exploitaient de nombreuses ressources. En plus de chasser de grands mammifères, ils capturaient également des lapins, des canards ou encore des poissons, tout en récoltant des champignons à l’occasion.

Et dire que notre cousin a longtemps été représenté comme un rustre doté d’un comportement inflexible… Quoi qu’il en soit, cette étude rappelle toute l’attention qui doit être portée aux trop rares matériaux périssables de l’époque qui nous sont parvenus, si l’on souhaite plus justement décrire l’Homme de Néandertal et ses habitudes de vie.


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