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En bref : le cerveau des enfants serait victime des produits chimiques

Certains composés chimiques pourraient être responsables de l’augmentation des troubles neurologiques chez l’enfant. C’est en tout cas les conclusions d’une équipe états-unienne qui appelle les autorités à renforcer les contrôles afin de limiter les risques pour la santé des petits.

Le cerveau des enfants est en développement et est donc particulièrement sensible aux produits chimiques neurotoxiques. © Josh Liba, Flickr, cc by nc nd 2.0 Le cerveau des enfants est en développement et est donc particulièrement sensible aux produits chimiques neurotoxiques. © Josh Liba, Flickr, cc by nc nd 2.0

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Ces dernières années, le nombre de troubles du développement chez l’enfant, comme l’hyperactivité, l’autisme et la dyslexie, est monté en flèche. Pourquoi ? Selon des chercheurs de l’université Harvard à Boston (États-Unis), cela serait en partie dû à l’utilisation de certains produits chimiques. En 2006 déjà, ils avaient dénoncé la neurotoxicité de cinq d’entre eux : le plomb, le méthylmercure, le polychlorobiphényle, l’arsenic et le toluène. Leurs résultats montraient qu’une exposition à ces produits affectait le développement cérébral du fœtus et de l’enfant. Elle serait également associée à une baisse des performances scolaires et du quotient intellectuel (QI) ainsi qu’à une hausse de la délinquance juvénile.

Les mêmes scientifiques se sont à nouveau penchés sur la littérature de ces dernières années et ont mis le doigt sur six autres produits chimiques potentiellement dangereux pour le cerveau des enfants. Il s’agit du manganèse, du fluorure, du chlorpyriphos-éthyl, du dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT), du perchloroéthylène (perchlo) et du polybromodiphényléther (PBDE). Le manganèse, retrouvé dans l’eau potable, diminuerait les aptitudes mathématiques et intensifierait l’hyperactivité alors que la consommation de fluorure affecterait le QI. Les quatre autres produits chimiques, retrouvés dans les pesticides et les solvants, ont été liés à une augmentation des comportements agressifs et à une baisse de la sociabilité.

Les auteurs reconnaissent cependant qu’il n’y a pour le moment pas de preuves formelles de la nocivité de ces produits. Cependant, de plus en plus d’études révèlent un lien entre une exposition à ces composés et le développement de problèmes psychiatriques et comportementaux chez l’enfant. « Le cerveau en développement semble particulièrement vulnérable ce qui peut conduire à des changements permanents », expliquent-ils dans leur bilan publié dans la revue Lancet Neurology. Selon eux, il est nécessaire d’accentuer les contrôles de tous les produits chimiques avant leur mise en place sur le marché. « Notre plus grande peur est que les enfants soient exposés à un produit toxique encore inconnu qui affecte leur intelligence et leur comportement », concluent les auteurs. « Il faut absolument agir ! »


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