Les drones, ou avions sans pilote, dédiés au recueil d’informations sont une réalité militaire depuis plus de quatre décennies et la Guerre du Golfe a vu certains d’entre eux effectuer des missions de reconnaissance avancées. Les premier UAV (Unmanned Aerial Vehicles - véhicules aériens sans personnel) remontent aux années soixante. Les Tagboard construits par Lockheed à partir de 1962 dans l’usine ultrasecrète de Burbank en Californie, participèrent à quatre incursions en autonome sur le territoire de Chine du 9 novembre 1969 au 20 mars 1971.

Predator et Global Hawk, les drones stars du Pentagone
Aujourd’hui, on trouve plus de 5.000 UAV dans l’écurie du Pentagone avec une star, le Predator, qui opère des incursions très fréquentes sur le territoire du Pakistan. Capables de voler durant une journée entière à une altitude de 8 kilomètres environ, les Predator ont été utilisés dans plusieurs milliers de missions de reconnaissance et ils auraient également été mis à contribution dans certaines opérations offensives. Leur prix de fabrication, 4,5 millions de dollars, n’est pas énorme en comparaison des avions de combat actuels.
Un autre drone prisé par les Américains est le Global Hawk, capable d’atteindre une altitude de 20 kilomètres et de voler en solitaire durant trente-cinq heures.
L’autonomie de vol de ces appareils est toute relative. En réalité, les Predator comme les Global Hawk sont généralement pilotés à distance. La précédente administration présidentielle s’est montrée ouvertement sensible au développement de tels outils. G. W. Bush avait officiellement déclaré : « Nous entrons dans une ère où les véhicules sans pilotes de toutes sortes vont prendre davantage d’importance que ce soit dans l’espace, sur terre, dans les airs ou dans la mer. » Se pourrait-il que le même gouvernement américain puisse utiliser les drones pour surveiller des populations civiles ? On sait que de tels UAV ont déjà été mis en œuvre dans un contexte restreint : certains drones sont utilisés à des fins de surveillance de la frontière qui sépare la Californie, l’Arizona, le Nouveau Mexique et le Texas du Mexique.
Les drones miniatures, une fabrication possible ?
Quid de la fabrication de drones de taille plus réduite ? C’est une réalité tangible. Le Raven de Aerovironement, à titre d’exemple, est suffisamment petit (1,3 mètre d’envergure) et léger (6,7 kg) pour qu’il soit possible de le lancer à la main. Équipé de batteries rechargeables, il peut voler durant une vingtaine de minutes à une hauteur d’environ 300 mètres et s’élever beaucoup plus haut si le besoin s’en fait sentir.
Descendre jusqu’à la taille d’un insecte est-il envisageable et se pourrait-il que de tels drones soient déjà en opération ? Il est difficile de l’affirmer au vu des expériences actuellement menées en laboratoire. Ce qui est certain, c’est que le Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency / Agence américaine des projets de recherche avancée pour la défense) s’y intéresse depuis une bonne quinzaine d’années déjà. Dès 1993, l’institution Rand, sorte de think tank voué à la Recherche et au Développement au service des États-Unis, a émis l’hypothèse de la réalisation de drones de la taille d’un insecte. Il ressortait de leur étude que l’Amérique serait en mesure d’y gagner un avantage militaire conséquent. Dès 1996, le Darpa a donc démarré le financement de recherches sur de tels drones miniatures, avec un cahier des charges précis : un poids inférieur à 500 grammes et une envergure de moins de 50 centimètres. Le financement alloué en 2000 était de 3,15 millions de dollars.
De telles recherches relatives à des microrobots volants sont donc bel et bien en opération depuis une bonne décennie, qu’il s’agisse de créer des insectes artificiels de toutes pièces ou bien d’inclure une puce sur un insecte... Il existe même une compétition pour ces micro-objets volants non identifiés : l’Aerial Robotics Competition (Compétition robotique aérienne) qui les met en concurrence. L’objectif visé lors de la cinquième édition impliquait des petits robots volants capables de naviguer à l’intérieur d’un bâtiment. Autant dire que la recherche est active dans le domaine.
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