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Du pôle Nord à l'Utah

Dossier - En attendant l'homme sur Mars...
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Le voyage sur Mars se prépare... dans les coulisses, on s'active déjà : plusieurs scénarios sont mis au point pour le débarquement d'un équipage d'astronautes sur la planète rouge.

  
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L'année suivante, en novembre 2002, nouvelle simulation martienne dans le second module « MDRS », érigé celui-ci dans le désert de l'Utah : un site magnifique de sédiments rouges et crème, creusés de canyons. Cette fois-ci, j'ai joué le rôle du commandant, avec un équipage bilingue : deux Américains et une Anglaise d'une part ; deux Français et un Belge d'autre part.

Dans le module martien MDRS (Utah), l'ingénieur Français Alain Souchier présente son Véhicule de Reconnaissance des Parois (VRP) à sa coéquipière Stacey Cusack de la Nasa © C. Frankel

L'amour du même objectif la planète Mars et une touche d'humour ont apporté une excellente cohésion à cette équipe. L'Américaine Stacy Cusack de la Nasa, qui dans sa vraie vie travaille pour la Station Spatiale Internationale, a été redoutable d'efficacité dans son nouveau rôle de Martionaute. Elle a d'ailleurs apprécié cette nouvelle perspective, qui lui a permis de mieux comprendre les problèmes auxquels sont confrontés ses propres astronautes, notamment dans le rapport avec le centre de contrôle. Car nous avions nous aussi un centre de contrôle qui veillait sur nous... et nous rappellait à l'ordre.

Alain Souchier et Stacey Cusack découvrent le cratère d'impact de Upheaval Dome dans les canyons de l'Utah: un paysage résolument martien © C. Frankel

Comme nous étions le premier équipage de la saison, plein de choses ne tournaient pas rond dans la station ! Pompes, électricité, regénération de l'eau... Heureusement, notre ingénieur français Alain Souchier arrivait à tout réparer. Son métier « dans le civil » est ingénieur en moteurs-fusées (il s'est notamment équipé des moteurs d'Ariane), ce qui en fait un sacré bricoleur. Notre équipier belge Pierre-Emmanuel Paulis nous a fait beaucoup rire avec les croquis qu'il dessinait chaque jour de nos activités, tournant en dérision nos multiples problèmes.

Charles Frankel sur son Quad, dans le désert de l'Utah. Les simulations montrent que les monoplaces sont plus pratiques et plus sures pour l'exploration martiennes que les biplaces de type "jeep lunaire" © C. Frankel

Dans le temps qu'il nous restait après les pannes et les réparations, on a même pu explorer Mars ! Nous avons utilisé un robot fabriqué par Alain—le Véhicule de Reconnaissance des Parois ou « VRP » —pour nous assister dans la photographie et l'étude des falaises pentues, au bord des canyons. Sur Mars, en effet, pas question de prendre des risques : c'est là où le robot a toute son utilité. Les résultats de cette manip sont encourageants et Alain travaille déjà sur un nouveau prototype.